LIBRAMONT

La Foire de Libramont veut nourrir les villes de demain

Les organisateurs de la Foire de Libramont ont présenté l’édition 2018 et sa thématique: «Qui nourrira nos villes de demain?»

Comme elle le fait de temps en temps, la Foire de Libramont avait décidé de quitter le centre de la province pour présenter son édition à venir, du côté de la capitale bruxelloise.

L’occasion de toucher plus de médias du nord du pays, toujours intéressés par la plus grande foire en plein air d’Europe, sans doute, mais comme symbole également, les organisateurs libramontois ont en effet choisi comme thématique la question de la nourriture des villes dans l’avenir pour leur édition 2018. «Parce qu’on sait que cela risque de poser problème un jour ou l’autre, précise Jean-François Pierard, le président. Actuellement, 55% de la population mondiale habite en ville, dans trente ans, ce chiffre devrait monter à 75% et même 98% en Belgique. »

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Les agriculteurs urbains sont avant tout des agriculteurs. Ils ne sont pas uniquement sortis de l’imagination fertile des «bobos» et donc voué à l’échec. La Foire de Libramont est la foire de toutes les agricultures et donc aussi de celle venue des villes.

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Tous les habitants de la province de Luxembourg et de la campagne wallonne ne vont toutefois pas migrer vers Bruxelles ou les grands centres urbains dans un futur plus ou moins proche. Les grandes organisations non gouvernementales reconnaissent les populations urbaines comme les villes ou villages d’au moins 1 000 habitants. « Il y en a donc déjà cinq autour de chez moi», rigole le boss de la Foire, originaire de Marche-en-Famenne.

Et comme elle s’est toujours voulue militante, la Foire libramontoise veut tenter de faire avancer les choses. « Il faut arrêter d’opposerpour opposer, regrette Jean-François Pierard. Les agriculteurs urbains sont avant tout des agriculteurs. Ils ne sont pas uniquement sortis de l’imagination fertile des «bobos» et donc voué à l’échec. La Foire de Libramont est la foire de toutes les agricultures et donc aussi de celle venue des villes. On sait que les consommateurs sont désormais curieux de connaître la provenance de leur produit. Il faut donc profiter de ce genre d’initiative comme d’un moyen de communication au sein des villes. Une collaboration entre les deux permettra de toute façon de rendre les projets plus rentables et plus crédibles et d’ouvrir des perspectives de revenus complémentaires pour les agriculteurs.»

Cinq jours de Foire cette année

Comme c’est de tradition depuis 1926, la Foire de Libramont aura lieu le dernier week-end de juillet. Celle-ci aura lieu du 29 au 30 juillet prochain sur le champ de foire de Libramont. Les habitués peuvent être rassurés, ils retrouveront tous les ingrédients qui font la réussite de la Foire depuis bientôt nonante ans. « C’est le plus gros événement de ce type, en plein air, en Europe, glisse Natacha Perat, manager de la Foire. On attend 3 500 animaux, 100 000 mètre2 de stand pour la promotion d’équipement agricole et de forêt, septante conférences et des visiteurs de plus de trente nationalités différentes. »

Selon les organisateurs, ils existent mille bonnes raisons de venir à la Foire dans un mois. « Oubliez la Coupe du monde, l’événement de l’été c’est dans un mois et à Libramont », glissaient-ils en clin d’œil à la fin de la vidéo de présentation. « Libramont, c’est un espace de solutions et d’innovations, ajoute la manager pour tenter de convaincre les derniers indécis. C’est LE grand rendez-vous de l’élevage et la plus conviviale des rencontres professionnelles. Enfin, la Foire est un créateur d’expérience exceptionnelle pour les familles. »

Journée internationale de l’herbe et de la prairie

Cette année, après les quatre jours sur le champ de foire, comme tous les quatre ans, une cinquième journée est prévue du côté de Bras, sur un site de quarante hectares, pour la journée internationale de l’herbe et de la prairie. « Un événement étonnant qui présentera 108 matériels de récolte et conditionnement des fourrages en conditions réelles de travail, vitrines didactiques de semences, démonstrations de pose de clôtures et rénovations de prairies », préviennent les organisateurs.

VITE-DIT

Pas la première fois Ce n’était pas la première fois que Bruxelles était choisie pour annoncer la Foire. Certains se souvenaient d’une conférence de presse sur la Grand-Place. « Avec une moissonneuse », rigolait Jean-François Pierard.

Une BD sur l’élevage wallon L’association wallonne de l’élevage (awé) profitera de la Foire pour présenter une bande dessinée sur l’élevage en Wallonie. Rendez-vous le 27 juillet.

Un taureau qui se prend pour un cheval Une curieuse animation est annoncée sur le grand ring le dimanche. Aston, le taureau qui se prend pour un cheval sera présent sur le grand ring et il compte bien montrer qu’il est capable de rivaliser avec les chevaux.

La ferme Nos Pilifs lauréat La ferme Nos Pilifs, en périphérie de Bruxelles, n’a pas été choisie par hasard pour organiser la conférence de presse. Avec Célice Schalembourg, Permafungi, la ferme de la Cour à Maredret et celle du Maustitchi, elle fait partie des lauréats des agriculteurs de valeurs 2 018.

Bruxelles pour la première fois Le samedi, l’équipe Agriculture de Bruxelles Économie participera pour la première fois à la Foire. Le thème de cette année constitue en effet l’occasion parfaite pour mettre à l’honneur l’agriculture urbaine bruxelloise et la stratégie GoodFood, sans oublier les agriculteurs bruxellois eux-mêmes. Quatre agriculteurs bruxellois seront d’ailleurs présents pour transmettre leur passion de l’agriculture dans un contexte urbain et présenter leurs produits.


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