VRESSE-SUR-SEMOIS

Dolimarts: place à un «tourisme surprenant»

Le projet de construction de cabanes aux Dolimarts va pouvoir être réellement lancé. Une convention vient d’être signée.

«On va juste faire une très légère rénovation», sourit Olivier Berghmans, un des principaux acteurs de la relance du site des Dolimarts, en friche depuis quelques années.

Mercredi, la convention entre le Commissariat général au Tourisme (CGT) et la nouvelle société Les cabanes des Dolimarts – regroupant Thomas & Piron et Olivier Berghmans (les cabanes de Rensiwez, Houffalize) – a été signée. Elle donne le coup d’envoi de la revalorisation du site, complètement à l’abandon.

Par cette convention, le CGT octroie à la SA Les Cabanes des Dolimarts un droit de superficie de trois ans sur ses terres (environ 26 hectares). Au terme de ces trois ans, en cas d’obtention des autorisations administratives, un droit de superficie de 20 ans sera octroyé. En contrepartie, une redevance de 25 000€ par an sera versée par la nouvelle société au CGT. Par la suite, pour l’euro symbolique, la SA Les Cabanes des Dolimarts pourra devenir propriétaire du site.

À la suite de cette signature, la nouvelle société anonyme pourra lancer les procédures (permis de démolition, etc.) «Les demandes de permis de bâtir devraient partir en fin d’année. Les premières cabanes devraient être construites pour le printemps 2019.» Quinze cabanes seront construites dans un premier temps. «L’idée c’est de pouvoir affiner le projet au fur et à mesure en fonction de la demande des clients», précise André Rulkin, administrateur chez Thomas & Piron. Et Olivier Berghmans d’ajouter: «On va tout nettoyer. Il ne restera rien de ce qui sort de terre actuellement». Il précise: «À l’époque, 1200 personnes pouvaient être hébergées sur le site. Les cabanes permettront, elles, de loger une centaine de personnes. L’objectif, c’est que les logements ne soient pas les uns sur les autres, qu’on ne voit pas ses voisins

Au niveau infrastructures, l’aménagement sera «minimaliste». «Il n’y aura ni restaurant, ni commerce sur le site. Autour des cabanes, ce sera la nature. L’idée, c’est que les gens se retrouvent au milieu des bois», précise celui qui a imaginé ces « cabanes de rêve». Pour lui, ce projet est «la suite logique du projet de Ransiwez». Seule une conciergerie sera construite à l’entrée du site pour accueillir les vacanciers.

D’après le ministre Collin, présent lors de la signature, ce moment n’est «pas anodin». Il parle d’un «bijou touristique au milieu d’une nature extraordinaire. Nous avons besoin de tourisme surprenant

Des cabanes luxueuses

Pour la société Thomas & Piron, ce projet est «hors contexte habituel pour Tomwood, la branche bois de notre société, explique François Piron. Avec ce très beau projet, on sort de notre zone de confort. Nous sommes enchantés de ce challenge

Pour rappel, les Dolimarts ont été construits au début des années 50 par les mutualités socialistes. À la grande époque, la capacité d’hébergement du site était de 1200 personnes. Par la suite, le site a alors été racheté par le gouvernement fédéral. L’objectif était d’y aménager un centre pour réfugiés. Ce ne fut jamais le cas. Au contraire, laissé à l’abandon, le site fut pillé, vandalisé même incendié. Aujourd’hui, les anciens chalets de vacances sont totalement en ruine. En 2005, les Dolimarts étaient mis en vente, et rachetés par Thomas & Piron. À ce jour, une soixantaine de chalets en piteux état sont toujours visibles sur le site. Ils seront rasés. Une fois le site assaini, la construction des confortables et luxueuses cabanes en bois pourra débuter.

«Je savais qu’un jour ça bougerait»

Dolimarts: place à un «tourisme surprenant»
La bourgmestre de Vresse se réjouit que le site des Dolimarts revive enfin. EdA Jean-Pol SEDRAN

Pour l’entité de Vresse, cet investissement de Thomas & Piron et d’Olivier Bergmans est une chance unique. «Ça fait des années qu’on espère voir avancer le dossier, lâche la bourgmestre Françoise Lebocq. Ça bloquait à cause d’une histoire de terrain avec le DNF qui souhaitait un échange. Finalement, un terrain d’entente a été trouvé. Ici, on voit à long terme, sur 20 ans

Elle ajoute: «On n’a pas des projets avec des entrepreneurs comme ça tous les jours. C’est une aubaine. Je savais qu’un jour ça bougerait. Mais il fallait financer, il fallait que ça suive. Notre chance, c’est que Monsieur Piron a toujours été un amoureux de notre région

Une tyrolienne au Jambon

Le plus intéressant d’après elle, la plus-value pour le commerce. «Le fait qu’il n’y ait aucune infrastructure construite sur le site aura un impact financier pour Bohan, Récréalle (Alle-sur-Semois). Mais aussi pour tous les autres villages. Vresse revit pour le moment et revivra

La bourgmestre rappelle par ailleurs son projet de tyrolienne au départ du point de vue du Jambon (situé entre Membre et Bohan). «Elle aura une longueur d’1,5 km. Nous avons déjà eu les promesses de subsides. On se battra pour que ce projet voie le jour