FOOTBALL

Bilan du 1er tour du Mondial 2018: des buts, du suspense, mais plus d’africain

Bilan du 1er tour du Mondial 2018: des buts, du suspense, mais plus d’africain

Le désarroi nigérian après le dernier but argentin synonyme d’élimination et tombé à la 86e minute. Reporters/DPA

Le premier tour est terminé et a livré les premiers enseignements, entre jeu offensif et décision tombée sur la fin.

Les 5 dernières minutes

De l’élimination shakespearienne de l’Allemagne à la qualification hitchcockienne de l’Argentine, près de la moitié des matches du premier tour de la Coupe du monde 2018 ont basculé dans les derniers instants des rencontres.

En Russie, 25 buts sur 118 ont été marqués après la 85e minute, une proportion bien plus grande qu’en 2014 (15 buts sur 136). Cette année 20 matches sur les 48 du premier tour sont concernés contre 13 au Brésil, seulement.

La Mannschaft illustre parfaitement le syndrome des cinq dernières minutes qui frappe ce Mondial russe. Elle a cru se sauver en battant la Suède (2-1) à dix contre onze d’un diabolique coup franc de Toni Kroos (95e), mais elle a été contaminée à son tour par la Corée du Sud (2-0) avec des buts aux 92e et 96e au dernier match, provoquant un tremblement de terre au pays.

VAR et penaltys

Pour la première fois en Coupe du monde, l’assistance vidéo à l’arbitrage est utilisée. Il n’y a pas eu d’erreur manifeste avec cette technologie. Mais ceux qui pensaient que sa présence mettrait fin aux contestations et aux polémiques en sont pour leur frais. «La VAR, c’est ‘bullshit’!» lâche ainsi devant les caméras l’ailier marocain Noureddine Amrabat.

Ceci explique en partie le nombre de penaltys sifflés: 23. Déjà plus que sur l’ensemble de n’importe quel autre mondial. Résultat, la moyenne de buts (2,52, soit 121 inscrits en 48 matches) se situe dans la tranche haute. Au Brésil en 2014, elle était de 2,67 sur l’ensemble de la compétition.

Salut aux Africains, déjà

«Tout le continent sera derrière nous», disait Kalidou Koulibaly avant le dernier match du groupe H. Mais voilà, le Sénégal aussi a été éliminé. Comme l’Égypte, le Maroc, le Nigeria, et la Tunisie. Comme pour les Super Eagles face à l’Argentine, les Lions de la Terranga sont sortis pour un but au dernier match, avec beaucoup de regrets. C’est un fiasco pour le foot africain, qui manque peut-être de gros calibres, au-delà d’un Mohamed Salah qui était arrivé diminué. Sadio Mané, lui, a peut-être voulu trop en faire avec le Sénégal. Ce n’est donc pas ce coup-ci que l’on verra enfin un représentant de la CAF en demi-finale du Mondial, ce qui n’est encore jamais arrivé.

Fièvre latino sur la Place Rouge

On ne s’en rend pas forcément compte de Belgique, mais les supporters sud-américains sont dominants, en Russie. Dès les jours précédant le coup d’envoi du Mondial les abords de la place Rouge étaient noirs de monde. Plusieurs dizaines de milliers de fans d’Amérique latine défilent depuis dans la capitale russe et l’ont redécorée de leurs drapeaux et maillots bariolés. «Quand le Pérou s’est qualifié, les gens sont devenus fous! La première chose qu’ils ont faite a été de prendre leur vol: il y a eu plus de billets vendus que lors de Nöel et la Fête des mères réunis», explique Inés Christing de la plateforme de réservation en ligne despegar.com, basée à Buenos Aires.

Quelque 45 000 Péruviens sont venus supporter les Incas pour leur premier Mondial depuis 1982. Nombre de pays latino-américains, comme l’Argentine ou le Pérou, bénéficient d’un régime sans visa pour la Russie. Le tourisme en provenance du continent sud-américain connait aussi un coup de fouet grâce à l’émergence d’une classe moyenne de plus en plus aisée. Face à cet afflux, les Européens font pâle figure, peu nombreux et bien moins visibles dans les rues de Moscou, Kazan ou Sotchi.