ETTERBEEK

La ferme verticale modulaire d’Urban Harvest plante basilic et aneth dans des sites industriels ou des parkings abandonnés

La start-up Urban Harvest a développé un concept de ferme verticale modulaire combinant hydroculture et LED. Ses herbes aromatiques grandissent déjà à Etterbeek. Elles aimeraient remplacer l’import israélien ou kényan dans les rayons bruxellois.

Ni pré, ni étables, ni poulailler: c’est une ferme d’un nouveau genre qui a ouvert ses cultures à la chlorophylle à Bruxelles. La start-up Urban Harvest («moisson urbaine» en anglais) lance en effet la première ferme verticale commerciale de la capitale. Sa spécialité: les herbes aromatiques comme le basilic, l’aneth, l’origan ou la ciboulette.

Assez classiquement, le concept d’Urban Harvest superpose les étages de culture, comme pour les chicons ou les champignons, en combinant l’hydroculture et les LED. Le basilic qui pousse là-bas ressemble donc un peu à votre famille en vacances: les pieds dans l’eau, la peau à la lumière.

La ferme verticale modulaire d’Urban Harvest plante basilic et aneth dans des sites industriels ou des parkings abandonnés
Le rendement est spectaculaire: 200 plants par m2 à chaque récolte. Urban Harvest
Mais là où la start-up innove, c’est dans son pari de ferme modulaire. Sa structure en étages est conçue pour s’implanter en deux temps trois mouvements dans des immeubles industriels abandonnés ou des anciens parkings. C’est le cas de sa première base etterbeekoise: le dépôt inoccupé du supermarché FreshMed.

200 plants par m2

Ces configurations permettent à Urban Harvest d’économiser «jusqu’à 90% d’eau par rapport à l’agriculture traditionnelle». Selon la jeune pousse, «une surface d’1m2 au sol rapporte aisément jusqu’à 200 plantes par récolte, avec un minimum d’eau consommée. Et ce, tout au long de l’année».

«Nous nous focalisons d’abord sur les herbes aromatiques car celles-ci sont importées massivement d’Israël, d’Espagne ou du Kenya. Ce n’est pas durable puisque nous pouvons les cultiver localement», plaide Alexandre Van Deun, cofondateur d’Urban Harvest. Son homologue Olivier Paulus poursuit: «Il existe un besoin urgent de méthodes de culture innovantes si nous souhaitons maintenir le pas avec la croissance de la population, le changement climatique et la disponibilité de plus en plus limitée de terres agricoles et d’eau d’irrigation».

Couvée par l’accélérateur Start-it de KBC et subsidiée par la stratégie Smart City de la Région bruxelloise, Urban Harvest livre déjà les supermarchés FreshMed et Färm. La start-up lance aussi un crowdfunding via Spreds pour lever 50.000€ et atteindre les 3 tonnes d’aromatiques annuelles dès 2019.

La ferme verticale modulaire d’Urban Harvest plante basilic et aneth dans des sites industriels ou des parkings abandonnés
Aneth, ciboulette, basilic et origan: les 4 premières herbes aromatiques cultivées par Urban Harvest à Etterbeek. Urban Harvest