NAMUR

Un détenu s’évade de la prison de Dinant: «Cela s’est fait à l’ancienne, à l’aide d’un drap de lit»

Un détenu s’évade de la prison de Dinant: «Cela s’est fait à l’ancienne, à l’aide d’un drap de lit»

La prison de Dinant est la plus petite du pays. On y incarcère les prévenus en attente de leur procès. Belga

Alors que les gardiens sont en grève, on apprend qu’un homme de 28 ans se serait évadé de la prison de Dinant dans la nuit de jeudi à vendredi. Il s’agit de la première évasion en 2018.

Un détenu de la prison de Dinant s’est évadé dans la nuit de jeudi à vendredi, ont indiqué le parquet de Namur et la prison de Dinant. Il s’agit de la première évasion de l’année, confirme vendredi l’administration pénitentiaire.

Selon le chef de corps de la zone Haute-Meuse, Bernard Dehon, l’homme a pris la fuite à l’aide d’un drap de lit.

«Il n’y a pas eu de prise d’otage, ni d’arme utilisée et visiblement il n’y a pas eu de complicité extérieure. Cela s’est fait à l’ancienne, à l’aide d’un drap de lit», a-t-il précisé, sans donner plus de détails.

Connu pour vol qualifié

Selon la DH, il s’agit d’un détenu de 28 ans. Le parquet de Namur indique qu’il était en attente d’un jugement pour vol qualifié. Ce jugement doit être prononcé par le tribunal correctionnel de Namur le 28 juin.

«Ce ne sont pas forcement des vols violents. Mais tout détenu qui s’évade peut se révéler dangereux. Des devoirs d’enquête sont en cours pour déterminer les circonstances exactes de son évasion et pour tenter de le retrouver», a indiqué le parquet de Namur.

La prison de Dinant est la plus petite du pays, il s’agit d’ailleurs d’une maison d’arrêt. On y incarcère les prévenus en attente de leur procès.

Un lien avec les agents en grève?

Même si rien ne prouve qu’il y a un lien, cette évasion intervient alors que les agents pénitentiaires sont en grève.

«100% du personnel était présent dans la prison cette nuit et 80% ce matin», précise la porte-parole de l’administration pénitentiaire.

Pour rappel, les agents entament leur quatrième jour de grève contre la volonté du gouvernement d’imposer un service minimum garanti dans les prisons en cas d’arrêt de travail prolongé.

En Wallonie, les prisons les plus touchées sont celles de Jamioulx, Marche-en-Famenne et Leuze-en-Hainaut, qui doivent composer avec moins de la moitié de leurs agents. En moyenne, à peine 41% des gardiens de prison se sont présentés au sud du pays.

Jeudi, les syndicats et le ministre de la Justice, Koens Geens, ne sont pas parvenus à dégager d’accord au terme de leur rencontre censée apaiser les tensions. Un nouvel entretien est prévu mardi prochain, ce qui sera le point de départ de négociations formelles, selon la CSC Services Publics.

Le nombre d’évasion en baisse

Le nombre d’évasions s’est considérablement réduit ces dernières années, selon les chiffres de l’administration pénitentiaire. Alors qu’en 2009, 39 personnes s’étaient échappées d’une institution fermée, ce chiffre chute à 14 en 2012 pour diminuer depuis: 5 en 2014, 1 en 2015 et même aucune en 2016. Les chiffres pour 2017 ne sont pas encore disponibles.

Cette baisse résulte d’une série de procédures de sécurité renforcées. Les téléphones portables sont notamment davantage contrôlés, des chiens spécialisés sont utilisés dans la recherche de drogues et de nouveaux portiques de détection de métaux ont été mis en place, soulignait en 2013 l’administration pénitentiaire dans son rapport annuel.

Un système de gestion et de suivi a également été élaboré afin d’identifier, en fonction de plusieurs critères, les détenus présentant un profil à risque.