GENERATIONS SOLIDAIRES

VIDEO | En Gaume, ils veulent réhabiliter d’anciens sentiers entre générations

À Étalle, en province du Luxembourg, un groupe de citoyens veut donner une seconde vie aux chemins et sentiers environnants. Cette initiative permettra aux jeunes de se déplacer en toute sécurité.

Comment fait-on pour se déplacer si on n’a pas de voiture? C’est la question posée par les quinze personnes qui ont créé l’association de fait ADEO. Leur commune est traversée par un important axe routier, passage presque obligé pour se rendre dans les villages voisins. Presque, car il existe de vieux chemins et sentiers historiques à travers la campagne.

Les membres d’ADEO veulent les réhabiliter et mettre en place un réseau de voies lentes intervillages. Ils ont constaté une volonté de la part des jeunes de jouir d’une autonomie dans les déplacements, pour ne plus dépendre de leurs «parents taxis».

Étalle est la commune la plus jeune de Wallonie avec environ 30% de sa population en dessous de 25 ans. Dès lors, ce problème de mobilité prend toute son importance dans ce milieu rural. Une telle restauration permettra aux jeunes (et moins jeunes) d’aller et venir à pied ou à vélo en toute sécurité et de manière indépendante.

LIER L’UTILE À L’AGRÉABLE

Ces chemins constituent un réseau rural de plus ou moins 50 km qu’il faut rendre à nouveau praticable. « Puisqu’il s’agit de vieux chemins de campagne, le but est de réaliser cet aménagement de la manière la plus naturelle possible », explique Isabelle Mauny à la base du projet lancé à la fin de l’année 2015.

Le but premier est de faciliter les déplacements de la population, mais aussi d’effectuer un travail de mémoire. Cette initiative permettra de mêler l’utile à l’agréable, selon Isabelle: «Il s’agit d’apporter un outil du quotidien pour les gens de la commune tout en faisant connaître un bout de patrimoine. Il n’était aucunement question d’une démarche touristique à la base, bien que cette notion puisse également venir se rajouter.»

Le projet est une initiative citoyenne, mais il doit s’en référer à la Commune car ces chemins lui appartiennent. De ce fait, les bénévoles d’ADEO proposent les idées d’aménagements et c’est elle qui prend les décisions. C’est aussi la Commune qui va fournir la main-d’œuvre et le matériel nécessaire pour les plus gros travaux.

DES JEUNES TRÈS IMPLIQUÉS

Ce projet est en partie pensé pour les jeunes et réalisé par les jeunes. Si la première étape était d’ordre administratif avec un travail énorme de recensement des différents chemins, la deuxième est beaucoup plus concrète. Il s’agit du balisage, et pour ce faire, il faut parfois défricher ou déblayer les chemins, ce que les jeunes font avec les quinze bénévoles. Une collaboration qui enchante Isabelle: «Il y a des relations qui se créent sur le terrain comme on travaille ensemble. Grâce à cela, il y a des rencontres intergénérationnelles qui amènent une plus grande cohésion sociale.»

Les bénévoles ont choisi le nom ADEO car il signifie «aller vers» en latin. Un nom qui prend tout son sens dans ce projet tourné vers le citoyen.

LE PORTRAIT d’Isabelle Mauny

Âge: 56 ans

Fonction: membre de l’association de fait ADEO

Isabelle Mauny est responsable de projet pour la mise en place de systèmes informatiques au Luxembourg. Bretonne d’origine, elle travaillait à Paris. Elle a déménagé en Belgique par amour pour son mari qui travaillait dans la même société qu’elle. Sa volonté de mieux connaître sa nouvelle région et ses habitants la pousse à devenir rapidement membre de la CCATM (Commission consultative communale d’aménagement du territoire et de mobilité). Elle fait aujourd’hui partie des 15 membres qui composent l’association de fait ADEO.