LILLE (FRANCE)

Charlotte et Étienne on the pop!

Ce samedi avait lieu le «Is this Pop festival» au Zenith Arena de Lille. Avec une belle brochette d’artistes!

Entre deux concerts, le DJ JD Beauvallet, par ailleurs rédacteur en chef aux Inroks, envoie Atomic, de Blondie, Kids in America, de Kim Wilde, I feel love (Donna Summer) et même Yes sir I can boogie, de l’improbable duo ibérique Baccara: pas de doute, nous sommes ici au festival «Is this pop», un nouveau concept imaginé par les organisateurs lillois d’A gauche de la Lune. Après le reggae en décembre dernier, il s’agit cette fois de rendre hommage à la musique du début des années septante-dix, comme dirait Sttellla (Tournai n’est qu’à vingt minutes et le public belge est convié à la fête), au travers d’un événement dont Étienne Daho a logiquement accepté d’en être le parrain.

Charlotte for ever

Pour l’occasion, le Zénith Arena tente une sortie en proposant une terrasse extérieure, avec un (seul) foodtruck proposant «de bons burgers» tandis qu’indoor, on peut trouver un Vinyle market, un stand d’objets vintage éthiques ou provenant du recyclage, un salon de thé, un photocall ou des bières – dont le prix (quatre euros) a néanmoins flambé depuis l’hymne éponyme des Garçons Bouchers.

Moodoïd, nouvelle sensation de la french pop, a ouvert les débats avec de céder la place aux revenants de Marquis de Sade, des amis de Daho. Reformée quarante ans après sa création, la formation rennaise emmenée par Philippe Pascal prouve, même si des cheveux gris sont apparus, qu’elle n’a rien perdu de son énergie. La cold-wave de ce groupe culte de la scène post-punk n’avait rien à envier à ses congénères anglais de l’époque.

Il faut attendre le set de Charlotte Gainsbourg, qui commence avec Lying with you, pour voir les spectateurs du Zénith (bien rempli, mais pas complet) se masser devant la scène. Un concert court mais intense, une scène dépouillée avec un décor formé de néons (autre symbole des années pop) formant des cadres, qui serviront souvent à protéger la fine silhouette de chanteuse à la voix fragile. A la limite de la rupture mais c’est aussi pour ça qu’on l’aime…

D’excellents musiciens-choristes, une déferlante de sons électro – prédominance de claviers et de programmations, un rien de guitare – qui augurent ce que Kraftwerk ou Giorgio Moroder auraient pu faire, dotés de la technologie moderne. Neuf titres de son excellent dernier album Rest, Heaven can wait, un extrait de son précédent CD IRM et autre, The Songs that we sing de 5:55, un inédit (Remarkable Day) et deux morceaux écrits par son illustre papa, Charlotte for ever et Lemon incest, les plus applaudis.

Bleu comme toi

L’amour qu’elle porte à son génial géniteur vaut aussi pour la regrettée Kate, sa sœur disparue: «À chaque fois que je vois écrits (NDLR: sur la setlist) nos deux prénoms écrits à côté de l’autre, cela me touche beaucoup. Je lui ai dédié mon album et je lui dédie ce soir aujourd’hui», dit celle qui a quitté son piano électrique après trois titres, avant de tomber la veste en jean pour laisser apparaître un simple tee-shirt blanc, la même tenue que les cinq garçons qui l’entourent. Ce sera la seule intervention de la timide interprète de Deadly valentine ou Ring-ring O’Roses.

En apothéose de cette soirée saluée unanimement pour sa qualité musicale (un peu moins pour son catering), après celle avec qui il avait chanté en duo le morceau If en 2003, place au pape de la pop française. Étienne Daho, en grande forme, livre le concert parfait, une des dates de son actuel Blitz Summer tour, qu’il entame avec Les filles du canyon et qui voit défiler une sélection des innombrables hits sortis depuis trente-cinq ans, du Grand Sommeil au Jardin en passant par Bleu comme toi – un titre de circonstance, en plein Mondial!, Epaule Tattoo, L’invitation, Le premier jour (du reste de ta vie), Ouverture, Sortir ce soir, Tombé pour la France ou Week-end à Rome. T’es pop, coco?