SOCIÉTÉ

Limiteur de débit d’eau: le réseau wallon de lutte contre la pauvreté demande à la Wallonie de garantir à tous le droit à l’eau

Limiteur de débit d’eau: le réseau wallon de lutte contre la pauvreté demande à la Wallonie de garantir à tous le droit à l’eau

Le gouvernement wallon avait encadré en 2016 la pose de ces pastilles sur le compteur d’eau, qui limitent le débit à 50 litres par heure chez les mauvais payeurs. Ainsi, un limiteur de débit d’eau a été imposé à 2.100 ménages cette année-là. Florian VillesÚche – Fotolia

«Cette pratique est indigne»: le réseau wallon de lutte contre la pauvreté (RWLP) dénonce le placement de limiteur d’eau chez les particuliers afin de recouvrer les impayés.

Le réseau wallon de lutte contre la pauvreté (RWLP) dénonce le placement de limiteur d’eau chez les particuliers afin de recouvrer les impayés. «Cette pratique est indigne car elle réduit fortement les conditions de vie au quotidien», pointe l’organisation. Ses représentants devaient se rassembler à l’occasion d’une action de sensibilisation de 11h30 à 13h30 place de l’Ange à Namur pour exiger du gouvernement wallon qu’il remette au centre le respect de la dignité humaine et garantisse le droit à l’eau pour tous.

Le gouvernement wallon avait encadré en 2016 la pose de ces pastilles sur le compteur d’eau, qui limitent le débit à 50 litres par heure chez les mauvais payeurs. Ainsi, un limiteur de débit d’eau a été imposé à 2.100 ménages cette année-là.

«Dépendre d’un limiteur d’eau, c’est être restreint dans de nombreuses utilisations: la machine à laver, le chauffe-eau gaz, la douche», souligne le RWLP. «Des personnes qui ont du mal à payer se voient privées d’un élément de vie indispensable. Sans l’eau, pas de vie, pas même de survie.»

L’Assemblée générale de l’ONU a reconnu en 2010 que le droit à l’eau et à l’assainissement est un droit de l’Homme et fait partie à ce titre des droits économiques et sociaux.

«Alors que le sujet revient à l’agenda du gouvernement wallon, ce vendredi 15 juin par une action de sensibilisation, le RWLP insiste à nouveau auprès de celui-ci pour que l’analyse des publics touchés se poursuive», indique le réseau.

Le RWLP demande au parlement wallon de reconsidérer la proposition de soumettre la décision de pose de limiteur de débit au passage en justice de paix. «Il nous paraît peu probable que cela soit une charge déraisonnable pour la justice de paix. Toutefois il serait nécessaire de prévoir un accompagnement à cette justice de paix compte tenu des freins et de la crainte que représente souvent le recours à la justice pour les citoyens et particulièrement les plus précarisés», selon l’organisation.

Le RWLP exige que les décisions puissent être concertées avec l’ensemble des acteurs, en ce compris les publics vulnérables. L’association invite à «travailler sur des solutions alternatives, créatives, permettant à l’État de garantir l’accès de tous à l’eau […] Comme l’amélioration des conditions de logement et singulièrement sur les fuites (souvent responsables de surconsommation)», concluent ses responsables.