VERVIERS

Thierry Tiquet écope de 24 ans pour l’assassinat d’Anny Ku

Thierry Tiquet écope de 24 ans pour l’assassinat d’Anny Ku

C’est dans le bois entre Ensival et Pepinster que le corps d’Anny Ku a été découvert en 2016. -

Thierry Tiquet a été condamné, ce jeudi matin, à une peine de 24 ans de prison pour l’assassinat de la Verviétoise Anny Ku, le 29 septembre 2016.

Le couperet est tombé pour le Verviétois Thierry Tiquet (52 ans). La chambre criminelle du tribunal correctionnel de Verviers l’a condamné, ce jeudi matin, à une peine de 24 ans de prison pour l’assassinat d’Anny Ku, une Verviétoise de 40 ans, en septembre 2016 au Bois Renard, à Pepinster.

Le prévenu avait, tout au long du procès déclaré, que la victime s’était suicidée devant ses yeux et qu’il avait appelé la police quatre jours après le décès. Il niait toute intervention alors que le légiste avait d’emblée expliqué que la mort résultait de l’intervention d’un tiers (par une manœuvre de strangulation mais aussi de traces de coup de couteau au niveau du dos).

Le tribunal a retenu la gravité des faits, la personnalité du prévenu ainsi que l’état d’esprit qui le guidait à l’époque des faits, le prévenu ayant rappelé que la mort d’Anny Ku lui permettrait de renouer avec sa compagne de l’époque.

Flashback

Deux octobre 2016, l’Ensivalois Thierry Tiquet contacte la police: il vient de découvrir un corps dans le bois Renard, à proximité de la station d’épuration entre Pepinster et Ensival.

La victime, une Verviétoise d’origine asiatique née en Belgique et âgée de 40 ans, travaillait dans le bas de la rue Laoureux, au Dragon Bol. Sur son corps, des traces de strangulation… L’autopsie donne ses premiers résultats et avance la date du décès au 29 septembre, mais dans quelles conditions?

Quatre jours plus tard, le 3 octobre, Thierry Tiquet est placé sous mandat d’arrêt. Il connaissait la victime depuis le mois de mars (ils s’étaient rencontrés lors d’un séjour psychiatrique commun à Henri-Chapelle) mais nie directement être à l’origine du meurtre. Ce qui a trahi ce promeneur? Des contradictions dans son témoignage, le fait qu’il réside à un jet de pierre du bois et sa découverte du corps alors qu’il n’y mettait plus les pieds depuis des mois (il a mené les enquêteurs sur les lieux du crime par des chemins sinueux alors qu’une voie d’accès bien plus aisée était disponible). Une relation avec une jeune fille de 18 ans aurait également motivé l’Ensivalois.

Face aux avancées de l’enquête, il avoue connaître la victime et avoir noué une relation d’amitié avec celle-ci. Mais il persiste dans sa version: elle se serait suicidée sous ses yeux.

Le jeudi 11 mai 2017, une reconstitution est menée sur la scène du crime. Thierry Tiquet avance encore et toujours l’hypothèse du suicide mais le parquet, au regard des différents rapports d’expertise (coulée de sang, plaies, intervention d’un tiers…), écarte cette thèse.

Selon le parquet, le passage à l’acte a été minutieusement préparé au regard des repérages effectués dans le bois Renard. La préméditation ne fait aucun doute. «L’hypothèse du suicide, que soutient le prévenu, n’est finalement qu’une projection de celui-ci. C’est lui et non la victime qui souhaitait se suicider», commentait le parquet le jeudi 26 avril, juste avant de requérir une peine de 30 ans de prison à l’encontre de Thierry Tiquet, un homme décrit comme «égoïste, violent, manipulateur et manquant d’empathie», qui a «donné la mort pour un motif dérisoire».

Ce jeudi, le tribunal a souligné le comportement machiavélique (il a envoyé des clichés de la défunte dans les bois à son ex-compagne…) du prévenu, soulevant également un état de récidive dans son chef.