CELLES-EN-HAINAUT/VERVIERS

Cinq ans de prison avec sursis pour le «terroriste» cellois

Cinq ans de prison avec sursis pour le «terroriste» cellois

(Illustration) ÉdA

Cinq et dix ans de prison contre deux jeunes radicalisés qui étudiaient les possibilités d’attaquer des rassemblements de personnes avaient été requis par le tribunal correctionnel de Charleroi.

Viser un rassemblement de personnes lors de l’Euro 2016, «tirer dans le tas» au Carré à Liège, égorger un imam modéré de Verviers ou encore attaquer les fêtards de la discothèque «Le Cap’Tain» de Rumes à la tronçonneuse: ces projets d’attentat ont un jour été évoqués dans des discussions auxquelles Arnaud Colbrant, un Cellois de 34 ans, et le Verviétois Enis Sulejmani ont participé en 2016.

Pour le parquet fédéral, il ne faisait aucun doute que ces deux-là étaient prêts à passer à l’acte, comme d’autres l’ont fait avec un camion-bélier à Nice ou en égorgeant un prêtre à Saint-Étienne-du-Rouvray. L’auteur de cet assassinat était d’ailleurs en contact avec Arnaud Colbrant qui s’était rendu à Paris à plusieurs reprises pour y rencontrer des «frères» et monter une cellule.

Les proches du jeune homme ont sans doute permis d’éviter le pire. Ayant constaté sa radicalisation fulgurante, ils ont prévenu la police. La Sûreté de l’État, qui avait aussi constaté les «réjouissances» de l’intéressé sur Twitter lors de l’attentat de Zaventem, l’a donc mis sur écoute avant de l’interpeller, en même temps qu’Enis Sulejmani. Lors des perquisitions, 582 images de propagande pour Daesh ont été retrouvées chez Colbrant, qui prônait l’exécution d’homosexuels en les jetant du haut d’immeubles et qui, un jour, avait déclaré que «couper des têtes, c’était vraiment l’Islam».

Selon le parquet fédéral, Colbrant s’était mis à rechercher des armes, des munitions et des explosifs sur le darknet sur insistance de Sulejmani. Sur son Iphone, un procédé de fabrication d’explosifs a également été retrouvé. Un fichier similaire aurait été diffusé par Sulejmani sur les réseaux sociaux. Ce dernier est également soupçonné d’avoir influencé des mineurs verviétois sur le réseau Télégram afin d’égorger un imam modéré. Des repérages avaient déjà été effectués par ces ados, dont le plus jeune n’avait que 14 ans.

Arnaud Colbrant a été condamné ce matin à une peine de 5 ans de prison, avec un sursis probatoire pour la période qui dépasse 4 ans, et le Verviétois à 10 ans.