BRUXELLES

Le Conseil d’État suit les associations: «Limiter les ondes électromagnétiques, ce n’est pas revenir à l’âge de pierre»

Le Conseil d’État suit les associations: «Limiter les ondes électromagnétiques, ce n’est pas revenir à l’âge de pierre»

(Illustration) Reporters / QUINET

Le Conseil d’état annule des exceptions prévues par la Région dans la mesure des ondes 5G et le placement d’antennes provisoires. Une «victoire» pour IEB et grONDES, qui luttent contre la pollution électromagnétique à Bruxelles.

Inter-Environnement Bruxelles (IEB), fédération de 80 comités de quartier et groupes d’habitants bruxellois, et la plateforme grONDES, qui défend les Bruxellois contre les pollutions électromagnétiques, annoncent avoir «gagné leur combat contre les régressions législatives en faveur des opérateurs de téléphonie mobile».

Au début de l’année 2017, IEB et grONDES ont introduit un nouveau recours devant le Conseil d’État contre un arrêté du Gouvernement bruxellois du 15 décembre 2016 «qui détricote un peu plus encore la législation protectrice de l’environnement en matière de rayonnements électromagnétiques», précise un communiqué commun. «Cet arrêté ne modifie pas le seuil légal de 6 V/m actuel mais bien le dispositif de contrôle du respect de cette norme», précise Alexis Dabin d’Inter-Environnement Bruxelles (IEB).

Ce 11 mai, IEB et grONDES annoncent que le Conseil d’État leur donne raison sur deux des trois points qui motivaient le recours.

D’une part, le Conseil d’État annule des exceptions introduites par la Région, dont celle concernant «la réduction du périmètre d’investigation préalable autour des microantennes, dont celles destinées à la future 5G. Selon les associations en effet, «ces exceptions en apparence anodines minimisent l’exposition réelle des individus aux rayonnements électromagnétiques». De plus, «ces exceptions ne permettaient plus de garantir le respect du seuil de 6 V/m», précise Alexis Dabin d’IEB.

D’autre part, le Conseil d’État annule aussi l’exonération de permis d’environnement accordée aux antennes «déplacées» ou «provisoires».

Pour IEB et grONDES, le progrès technique ne peut pas justifier la réduction du niveau de protection des Bruxellois contre les rayonnements électromagnétiques. «Ce fut le cas hier au nom de la 4G, il y a lieu de le craindre demain pour la 5G» prévient Stéphanie D’Haenens d’IEB. Qui termine: «Limiter l’accroissement des rayonnements électromagnétiques ne signifie pas un retour à l’âge de pierre, comme tentent de le faire croire les opérateurs. L’industrie des télécommunications est tout à fait capable de mettre au point des technologies plus respectueuses pour la santé et l’environnement».