Le prince Philip, époux de la reine Elizabeth II, a 97 ans: le meilleur du pire de ses blagues

Aussi gaffeur et blagueur qu’Elizabeth II est réservée, le prince Philip, qui seconde solidement son épouse, souveraine depuis plus d’un demi-siècle, fête ses 97 ans dimanche. L’homme est aussi connu pour ses blagues qui ne font pas toujours rire tout le monde car elles sont parfois teintées de racisme et de sexisme.

L’événement se déroulera sans tapage, puisqu’il passera la journée «en cercle privé», a indiqué à l’AFP un porte-parole du palais de Buckingham, sans préciser où.

Approchant le centenaire, le prince a décidé de lever le pied même s’il continue d’accompagner Elizabeth II lors de certains événements. Lors du mariage de son petit-fils, le prince Harry, avec l’actrice américaine Meghan Markle, le 19 mai, le duc d’Édimbourg est ainsi apparu le pas alerte, six semaines après avoir subi avec succès une opération de la hanche.

Mais le Prince Philip est irrémédiablement associé aux blagues politiquement incorrectes qu’il a distillées au cours de ses engagements officiels. Petit florilège du meilleur du pire.

Spécialiste en blagues volontiers équivoques

 

Le prince Philip, époux de la reine Elizabeth II, a 97 ans: le meilleur du pire de ses blagues
- AFP
- Inaugurant une plaque dans un stade de cricket à Londres en 2017: «Vous êtes sur le point de voir l’expert mondial des inaugurations de plaques».

- A Malala Yousafzaï qui a survécu à une attaque des talibans contre un bus d’écolières en 2013: Les enfants «vont à l’école parce que leurs parents n’en veulent pas à la maison».

- A l’approche de son 90e anniversaire en 2011: «Ca commence à tomber en morceaux».

- A une jeune femme qui lui offre des fleurs, en 1984 au Kenya: «Merci Madame... Vous êtes bien une femme, n’est-ce-pas?».

- «Je me ferais arrêter si j’ouvrais la fermeture éclair de cette robe», s’amuse-t-il auprès d’un policier, en avisant une jeune femme blonde moulée dans une robe rouge zippée sur le devant, en 2012.

- Il brise le coeur de millions de ménagères en 1966 en assénant en public que «les femmes britanniques ne savent pas cuisiner».

- «On dirait que vous êtes prêt à aller au lit!», lance-t-il en 2003 au président nigérian Olusegun Obasanjo, vêtu d’une tenue traditionnelle.

- Après un concert de Tom Jones en 1969, il félicite, à sa manière, le chanteur: «Avec quoi vous gargarisez-vous? Des cailloux?».

 

«

Ah, c’est vous qui conduisez cette voiture horrible?

»

 

- «Ah, c’est vous qui conduisez cette voiture horrible? On la voit souvent en allant au château de Windsor», lance-t-il au chanteur Elton John en 2001.

- «Ne restez pas trop longtemps, sinon vous allez avoir des yeux bridés», recommande-t-il à des étudiants britanniques en stage en Chine en 1986.

- A une troupe de danseurs noirs, en 2009: «Vous êtes tous de la même famille?».

- «Vous vous battez toujours à coups de lances?», demande-t-il à un aborigène lors d’une visite en Australie en 2002.

- «Donc, vous avez réussi à ne pas être mangé?», lance-t-il en 1998 à un étudiant revenant d’un trek en Papouasie Nouvelle-Guinée.

- En 1994, à un riche habitant des îles Caïmans, il dit: «Vous descendez presque tous de pirates, non?».

- A propos d’un compteur électrique vieux et défectueux lors d’une visite dans une usine écossaise, en 1999: «Il a sans doute été installé par un Indien».

 

«

Tu ne pourras jamais voler là-dedans, tu es trop gros

»

 

- «Mais comment faites-vous pour convaincre les gens du coin d’arrêter de boire le temps de passer leur permis?», demande-t-il à un moniteur d’auto-école en Écosse en 1995.

- «Vous ne pouvez pas être ici depuis longtemps, vous n’êtes pas bedonnant!», lâche-t-il à un Britannique à Budapest en 1993.

- «Les Philippines doivent être à moitié vides, vous faites toutes fonctionner ici le NHS», le service de santé public britannique, décoche-t-il en 2013 à des infirmières philippines travaillant dans un hôpital au Royaume-Uni.

- Pendant la récession de 1981, il dit des chômeurs: «Je ne comprends pas: d’abord ils disent qu’ils veulent plus de loisirs, et maintenant ils se plaignent d’être sans emploi».

 

«

«Je déclare cette chose ouverte quelle qu’elle soit

»

 

- «Combien de personnes avez-vous fauché ce matin avec ce truc?», demande-t-il à une personne en fauteuil roulant, à Londres en 2012.

- L’orchestre d’une école de jeunes élèves handicapés l’accueille en musique au Pays de Galles en 1999. Il lance aux malentendants: «Sourds? Ca ne m’étonne pas que vous le soyez si vous écoutez ça souvent!».

- «Tu ne pourras jamais voler là-dedans, tu es trop gros», affirme-t-il en 2001 à un adolescent de 13 ans qui rêve de devenir astronaute.

- Lors d’une visite au Canada en 1969: «Je déclare cette chose ouverte quelle qu’elle soit»

 

Biographie

De souche allemande, Philip de Grèce et du Danemark est né à Corfou sur une table de cuisine le 10 juin 1921. A l’âge de 18 mois, il est évacué dans un lit fait de cartons d’oranges à bord d’un navire britannique, avec ses parents et ses quatre soeurs aînées, alors que son oncle, le roi de Grèce, est déposé.

Il connaît ensuite une enfance solitaire et agitée, entre la France, l’Angleterre et l’Allemagne. Sa mère, dépressive, est hospitalisée puis entre dans les ordres, tandis que son père s’installe à Monaco. Ses soeurs se marient à des Allemands, dont l’un est un dignitaire nazi.

Recueilli par des membres de sa famille, il suit une scolarité nomade, avant de s’engager dans la Royal Navy et de prendre une part active dans la Seconde Guerre mondiale.

Il a 18 ans lorsqu’il rencontre pour la première fois la jeune Elizabeth, qui n’en a que 13 mais tombe sous le charme du grand officier blond.

Leur union est d’abord vue d’un mauvais oeil par les parents de la jeune princesse: Philip est un prince étranger, sans le sou et peu policé. Mais «Lilibet» l’adore et le mariage a lieu le 20 novembre 1947.

Le couple s’installe dans la foulée à Malte, où le prince Philip vient d’être muté. «Philip Mountbatten», titre qu’il a pris à ses noces, est fait commandant et compte bien poursuivre sa carrière navale.

La mort prématurée du roi George VI en 1952, qui propulse Elizabeth, 25 ans, sur le trône, est pour lui un déchirement, selon ses proches. Il lui faut abandonner ses ambitions et devenir à jamais le second de sa femme, la reine.

«Je ne suis qu’une foutue amibe ici!»

Il se résigne à marcher deux pas derrière son épouse, sans pouvoir jamais entièrement cacher sa frustration.

Ainsi, le jour où Churchill a conseillé que la famille prenne le nom de Windsor au lieu de celui de Mountbatten, Philip aurait hurlé: «Je ne suis qu’une foutue amibe ici!».

Mais il reste un soutien inconditionnel de la reine avec laquelle il a quatre enfants, huit petits-enfants et six arrière-petits-enfants. «Mon premier, second et ultime emploi est de ne jamais laisser tomber la reine», a-t-il un jour dit.

Son tempérament fougueux et complètement opposé au «politiquement correct» lui font commettre gaffes et provocations, parfois aux relents xénophobes. «Vous vous battez toujours à coups de lances?», demande-t-il à un aborigène lors d’une visite en Australie en 2002.

Un langage dont la reine ne lui tient pas rigueur, pas plus que ses sujets qui trouvent qu’il apporte un peu de légèreté à la monarchie et saluent sa constance auprès d’Elizabeth II.

L’acteur Matt Smith, qui l’a incarné dans la série à succès «The Crown», relatant le règne d’Elizabeth II, voit en lui un homme «brillant et malicieux». «Ce que j’aime chez lui c’est qu’il fait ce qu’il veut, quand il veut, comme il veut, avec qui il veut... Et son épouse est la reine», a-t-il dit au journal The Observer.

Mais le meilleur hommage rendu à Philip vient de son épouse elle-même, qui a déclaré: «c’est mon roc. Il a tout simplement été ma force et mon soutien».