WALLONIE PICARDE

Quand vous mettrez vos déchets de cuisine dans la bulle!

Si le compostage à domicile reste pour Ipalle la priorité, les PAV (points d’apport volontaire) doivent aider à faire diminuer le poids de notre sac-poubelle.

À Tournai-Ville dans autant de «mini recyparcs délocalisés », dix conteneurs enterrés sont prêts à accueillir la fraction fermentescible des ordures ménagères (FFOM) des ménages, soit des déchets organiques de cuisine.

Douze autres communes de Wallonie picarde suivront d’ici la fin du mois de septembre. À partir du 18 juin, à condition de posséder le badge à puce ad hoc (à échanger gratuitement, dès le 11 juin, contre la carte à code-barres donnant actuellement accès aux recyparcs), chacun pourra déposer, de 6 heures à 22 heures, ses restes de fruits et légumes ou autres aliments, y compris les coquilles d’œuf, le marc de café, et même de l’essuie-tout.

Quand vous mettrez vos déchets de cuisine dans la bulle!
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Un service gratuit bien sûr. Avec son nouveau camion, la firme Dufour, qui a remporté le marché, entamera la collecte – hebdomadaire – des déchets qui partiront au centre de biométhanisation de Quévy.

«Ce n’est pas donné!»

« Dans notre sac-poubelle, il reste à ce jour 18% de matières organiques. On va essayer d’aller les capter pour atteindre l’objectif du Plan wallon des déchets, soit leur disparition du flux d’ordures ménagères au plus tard pour le 1er janvier 2025», explique Laurent Dupont, secrétaire général d’Ipalle.

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En vingt-cinq ans, on est déjà passé de 289 à 169 kg de déchets résiduels par année tandis qu’on dépose en moyenne 292 kg au recyparc (+ 52 dans les bulles), contre 129 kg en 1994. « Ce qu’on voulait à tout prix éviter, c’est le ramassage des organiques en porte à porte, ce qui aurait augmenté le coût de cinq à dix euros par habitant, ajoute la présidente Ludivine Dedonder. Nous militions pour d’autres voies, tout en continuant à privilégier le compostage à domicile, mais aussi celui “de quartier”, au sein des écoles, qui sont très réceptives, et en administration (nous y reviendrons).

Alors, quand le ministre Di Antonio a lancé un appel à projets en vue de financer la mise en place de points d’apport volontaires, Ipalle n’a pas hésité…

Le coût d’un conteneur enterré pour déchets organiques atteint onze mille euros: la Région wallonne accorde un subside de six mille euros par unité. «La Ville de Tournai a décidé d’avoir recours au droit de tirage d’Ipalle pour réunir les 51 000 euros manquants. Cela ne coûtera pas un franc à la Commune », dit encore celle qui est échevine de l’Environnement.

Idéalement avec un bio-seau

Environ 60% de la population pratique le compostage à domicile: « Ceux-là, nous ne voulons pas qu’ils changent leur façon de faire. pour les autres on vient avec des solutions, qui sont les recyparcs et les PAV

Quand vous mettrez vos déchets de cuisine dans la bulle!
À Tournai. -

En février 2017, six recyparcs d’Ipalle s’étaient en effet lancés dans l’expérience de collecte de FFOM: «Cela a bien marché. Nous sommes passés à 11 sites en août. 183 tonnes de déchets ont été récoltées sur l’année et la qualité a été saluée par le centre de biométhanisation.» Depuis le mois de mai, tous les parcs de Wallonie picarde accueillent ces déchets organiques.

Les avantages du conteneur enterré, estime Louise Demasure, ingénieur projets: « l’aspect visuel et une meilleure intégration dans le territoire, une disponibilité à 100%, moins de dépôts sauvages, pas de nuisances olfactives, la réduction du poids du sac-poubelle – et son nombre – et la facilité de collecte pour le personnel ». Les gens ne se rendent pas compte, insiste Frédéric Dufour, que le ramassage en porte à porte comporte beaucoup de risques: «Certains mettent n’importe quoi dans leur sac-poubelle, y compris du verre et des couteaux

Dans ses recyparcs, Ipalle propose à la vente (au prix de 5 euros), un dispositif de pré-collecte: un bio-seau d’une contenance de 25 litres, refermable et facilement transportable, dans lequel on peut placer une housse interne vendue elle au prix d’un euro le rouleau de dix. Si comme le souligne Ludivine Dedonder, cela n’est pas obligatoire (on peut préférer le vrac, ou utiliser des sacs biodégradables – mais alors pas dans un bio-seau!), «pour le tri, l’idéal est néanmoins d’avoir recours à la housse d’Ipalle», ajoute Laurent Dupont.

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