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Le boulot de Cassandre à MSF: impliquer les communautés pour améliorer la santé

Cassandre travaille pour MSF depuis 2015. Elle s’est déjà rendue en RDC, en République Centrafrique, à Haïti et en Serbie.

«Je voulais faire plus: je voulais un métier qui a du sens!»: c’est chose faite pour Cassandre Dumont, 29 ans. Cette Athoise a toujours baigné dans le milieu associatif: « J’ ai été ouverte au monde très tôt. J’étais consciente de ce qu’il se passait ailleurs» Depuis septembre 2015, elle n’agit plus de loin mais plutôt sur place, au plus proche des besoins des citoyens du monde. En effet, Cassandre travaille pour Médecins Sans Frontières. Après 1 an passé aux Philippines pour Life Project 4 Youth où elle a aidé des jeunes issus de l’extrême pauvreté et de l’exclusion sociale à se lancer dans leur projet de vie, Cassandre avait un avenir tout tracé dans l’humanitaire et plus particulièrement dans la promotion de la santé. Une tâche à laquelle elle s’est notamment attelée en République Démocratique du Congo.

Un transfert de compétences

Il s’agissait de sensibiliser sur l’importance de la prise en charge médicale suite à une violence sexuelle d’une part et d’autre part d’informer la population sur les avantages de la planification familiale et leur donner plus de choix quant aux méthodes. Pour cela, 20 mamans issues de villages différents sont devenues conseillères pour qu’elles soient capables de transférer ces savoirs aux membres de leur communauté. Selon Cassandre, c’est un travail qu’il faut aborder en comprenant la culture dans laquelle le promoteur de la santé s’intègre pour au mieux s’y adapter. «Si on ne comprend pas pourquoi ils ont tant d’enfants, ce qu’un enfant représente pour eux, on ne peut pas leur proposer les méthodes de planification adéquates, explique l’anthropologue de formation. Pour eux, un enfant en zone de conflit, c’est une richesse. À cause des dangers et de la malnutrition, ils sont conscients qu’ils risquent d’en perdre deux sur 6 ou 8 par exemple. C’est très dur à comprendre mais c’est la réalité. Cependant, en discutant, on se rendait compte toutes ensemble qu’il est mieux d’espacer les naissances pour qu’ils soient en meilleure santé et la maman aussi. Du temps entre les grossesses permet à la maman d’aller aux champs, gagner de l’argent, envoyer ses enfants à l’école, produire de la nourriture de qualité et ainsi mettre plus de chance du côté de la survie de ses enfants.»

Apprendre à réagir vite et bien

Le boulot de Cassandre à MSF: impliquer les communautés pour améliorer la santé
Cassandre ne devait rester qu’un mois à Haïti. Elle a rallongé son séjour pour au final y travailler deux mois. ÉdA

Cassandre s’est également rendue en Haïti après le passage de l’ouragan Matthew en septembre 2016. Cette fois-ci, il fallait limiter la propagation du choléra qui s’était installé à cause des ravages sanitaires dus au cyclone. C’est une maladie facilement guérissable mais qui doit être traitée très rapidement, au risque d’en mourir. «On a bossé non-stop, du lundi au dimanche pendant 2 mois. J’étais sur les rotules en revenant mais voir une personne guérie alors qu’elle est arrivée rapidement grâce au réseau créé avec les communautés, c’est juste le top!»

Le boulot de Cassandre à MSF: impliquer les communautés pour améliorer la santé
En Serbie, Cassandre a créé un fasicule concernant les poux de corps qui a été distribué aux migrants. ÉdA
À présent revenue de Serbie où elle a fourni les soins de santé primaires et mentaux aux migrants, Cassandre prend quelques jours de vacances après plus de 3 ans avec peu de répit. Cependant, elle sait qu’on peut l’appeler à tout moment pour partir en urgence. «C’est un métier très difficile. Le stress est parfois là, il y a des moments où tu as peur mais quand je suis sur le terrain, je n’ai pas envie de faire un autre boulot. Je me sens utile!», conclut la jeune femme.