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Une fanfare ancrée dans sa région

Il y a comme un tressaillement pudique, dans la voix, quand la fierté s’y invite ingénument. Celle de Théo Sacré s’infléchit malgré lui lorsqu’il me confie: «C’est le cas de moins en moins de fanfares, mais, chez nous, tous les musiciens viennent de l’entité.

Une bande de camarades unis par l’amour du cuivre. L’ambiance y est incomparable.» Cela fait presque un quart de siècle que Théo Sacré a pris la tête, comme directeur musical, de la Fanfare Royale Samsom-Brumagne. Un sacré bail, tout relatif, lorsqu’on sait que les saxophones, bugles et autres tubas qui la composent en font battre le cœur depuis 1852. Maintes fois primée par le passé, la société continue, sans relâche, à réjouir les tympans pointus des amateurs du genre. «On répète ensemble tous les jeudis en vue des nombreux concerts annuels que nous donnons. Cette année, on doit en être à douze ou treize. Nous nous rendons d’ailleurs ce soir à Marchin pour une représentation en plein air.» Là-bas, les instrumentistes proposeront une joyeuse sélection d’arrangements qui ne souffrira d’aucune limite de style. «On ratisse assez large. On va proposer, par exemple, un arrangement tout récent d’une instrumentale de la Casa del Papel, une série en vogue. Ça ne nous empêche aucunement de jouer dans la foulée des grands classiques, du Mozart ou du Verdi.» Ni de s’inscrire résolument dans le folklore local en enregistrant, avec la Chorale Royale Saint-Maurice, un CD trois titres comprenant La marche des ours d’Andenne, Li tchant dès Walons et Li bia bouquèt, comme ce fut le cas récemment. Ou de consacrer, l’année dernière, un spectacle entier au grand Jacques. «Ce fut une formidable réussite. À tel point que nous reviendrons avec Brel, le 8 février prochain, pour une représentation inédite!»