Acte terroriste à Liège: ce qu’on sait du tueur, jeune homme à problèmes originaire de Rochefort

Acte terroriste à Liège: ce qu’on sait du tueur, jeune homme à problèmes originaire de Rochefort

L’homme qui a tué deux policières et un passant à Liège avant d’être abattu était bien connu de la justice pour des faits de délinquance. AFP

L’auteur de l’agression à l’arme blanche suivie de coups de feu qui a fait trois morts, dont deux policières, s’appelle Benjamin Herman.

Deux policières et un passager d’une voiture, âgé de 22 ans, ont été tués ce mardi matin dans le centre de Liège, vers 10h30. Deux autres policiers ont été blessés. L’auteur des tirs a été abattu par le peloton anti-banditisme (PAB), après avoir fait une prise d’otages dans l’athénée de Waha sur le boulevard d’Avroy. Le parquet considère le dossier comme étant terroriste.

 

 

 

Un jeune à problèmes

 

L’auteur de l’attaque s’appelle Benjamin Herman et avait 31 ans. Originaire de Rochefort, il n’y a pas laissé que de bons souvenirs. «C’était un jeune à problèmes», se borne à confirmer le ministre François Bellot, bourgmestre de la localité, qui se souvient avoir été régulièrement informé à son sujet.

Mineur, il était, disent les premiers échos recueillis sur le terrain rochefortois, connu pour des faits de violence. Il s’est progressivement enfoncé dans la délinquance, se faisant notamment remarquer et pour des faits de vols et de drogue. Il avait été condamné à plusieurs années de prison par le tribunal correctionnel de Dinant.

Depuis plusieurs années, il n’habitait plus la commune de Rochefort.

 

Sorti de prison ce lundi

 

Benjamin Herman était sorti de la prison de Marche ce lundi. Il semble qu’il avait obtenu une permission de sortie, ce qui veut dire que le détenu peut quitter la prison pour quelques heures, dans le cadre de la préparation à sa réinsertion. L’homme n’avait donc pas été libéré et n’était pas non plus en congé pénitentiaire.

Il était incarcéré pour faits de vol et de drogue et bénéficiait d’une permission de sortie. Dans la nuit de lundi à mardi déjà, il aurait commis certains faits en province de Luxembourg. Mais le Parquet reste pour l’instant silencieux et attend de pouvoir communiquer sur ces informations.

Nous avons appris par ailleurs qu’un braquage a été commis dans une bijouterie de Rochefort cette même nuit, suivi d’un meurtre à Marche-en-Famenne. Un homme a reçu une balle dans la tête. Ces deux événements sont-ils en lien avec la fusillade de Liège?

 

+ MISE À JOUR | Des perquisitions ont été menées à la prison de Marche-en-Famenne, où l’assaillant Benjamin Herman était en détention pour faits de vol et de drogue. Selon le directeur de l’établissement pénitencier Frédéric de Thier, ces perquisitions n’ont rien donné. «Un tapis de prière et un coran ont été retrouvés. Mais nous ne devons pas nous fier à ça et faire des amalgames sur les musulmans», explique-t-il, sans pouvoir davantage communiquer sur l’affaire.

 

 

 

A Rochefort, Benjamin Herman avait agressé une fleuriste

 

Benjamin Herman avait été condamné par le tribunal correctionnel de Dinant à quatre ans de prison. Qui s’ajoutait déjà à une précédente condamnation de six ans.

L’affaire avait fait grand bruit. Le 23 avril 2010, une fleuriste de Rochefort a eu la peur de sa vie. Elle s’était retrouvée face à deux gaillards, dont l’un était armé d’un pistolet. Et pour mieux impressionner la fleuriste, l’un des malfrats avait pressé la détente. Elle racontera que le «clic» qu’elle avait entendu résonnait encore dans sa tête. Son avocate confiera au tribunal qu’elle avait perdu 8 km et s’était sentie violée. C’est dire si son traumatisme avait été important.

Les deux malfrats avaient finalement raflé le contenu de la caisse: 500 euros.

L’un des deux auteurs n’était autre que Benjamin Herman. A l’époque, il avait 23 ans.

Arrêté, il avait reconnu sa participation au braquage, à l’inverse de son frère.

Le tribunal avait mis en évidence le passé chargé de Benjamin Herman, accroc à l’héroïne et à la cocaïne.

Lors de son réquisitoire, le substitut Benoît Piret n’avait pas maché ses mots: il avait exposé que Benjamin Herman, et accessoirement son frère, était fondamentalement dangereux et qu’il avait des antécédents multiples de violence. «Il n’y a aucune possibilité d’amendement, je ne vois qu’une solution: un long séjour en prison pour protéger la société», avait-il conclu. Il avait réclamé 7 ans fermes à charge de chacun des frères braqueurs, finalement condamnés le 30 juin 2012 à quatre ans de prison. (B.M.)

 

Braquage à Forrières en 2008

 

Nous avons aussi retrouvé trace de ce Benjamin Herman dans nos archives. Il était question de lui dans une affaire de braquage violent au Courthéoux de Forrières le 19 février 2008. Des faits commis avec son frère aîné Dimitri dans le but de se procurer de l’héroïne. Butin à l’époque: 180 euros.

Nous y précisions que Benjamin Herman avait écopé de ses 30 premiers mois de prison avec sursis en 2005, dès son premier passage en correctionnelle, à 17 ans, après dessaisissement du tribunal de la jeunesse. (Avec E. Lk.)