Giuseppe Conte renonce à être Premier ministre

AFP

Giuseppe Conte, qui a renoncé dimanche à diriger le gouvernement d’union antisystème/extrême droite, est un avocat et professeur de droit de 53 ans, inconnu du grand public et jusqu’à présent très éloigné du monde politique.

«Je suis très fier de ce nom, parce qu’il représente la synthèse entre la Ligue et le M5S», a déclaré Luigi Di Maio, chef de file du Mouvement 5 étoiles.

Avant mercredi, la seule apparition publique dans un contexte politique de cet universitaire discret à la mèche brune rebelle datait d’avant les élections du 4 mars, quand le M5S l’avait présenté comme possible ministre de l’Administration publique.

«C’est un expert absolu en simplification, + débureaucratisation +, rationalisation de la machine administrative que tant de nos entreprises demandent», assure Matteo Salvini, patron de la Ligue.

Les deux hommes avaient proposé lundi le nom de M. Conte au président italien Sergio Mattarella, qui a temporisé, redoutant que cet inconnu ne fasse pas le poids devant les ténors des partis qui l’ont choisi et qui devaient être ses ministres.

Né en 1964 à Volturara Appula, village de 500 habitants dans les Pouilles (sud), Giuseppe Conte a grandi auprès d’un père secrétaire communal et d’une mère maîtresse d’école à San Giovanni Rotondo, la ville de Padre Pio, le saint le plus révéré d’Italie.

Giuseppe Conte a fait de brillantes études de droit à la Villa Nazareth, une université catholique pour étudiants défavorisés à Rome. Son CV évoque ensuite des séjours de «perfectionnement» pendant l’été dans les universités les plus prestigieuses du monde: Yale, New York University la Sorbonne, Cambridge…

Ces quelques lignes ont provoqué une polémique parce que plusieurs de ces établissements, interrogés par l’AFP, ont expliqué ne pas avoir pas trace de lui. Ses séjours étaient essentiellement des activités de recherches personnelles dans les bibliothèques des établissements.

Dans le même temps, il a enseigné dans des facultés de droit en Sardaigne, à Rome, à Florence et à Malte et était jusqu’à récemment professeur de droit privé à Florence, tout en exerçant dans un cabinet d’avocats dans la capitale.

Il a été aussi membre du conseil d’administration de l’Agence spatiale italienne, consultant juridique de la Chambre de commerce de Rome et membre du comité de surveillance de plusieurs sociétés d’assurances en faillite.

Lui qui a voté à gauche la majeure partie de sa vie aurait eu à diriger des ministres d’extrême droite s’il avait été Premier ministre. «Je pense que les schémas idéologiques du XXe siècle ne sont plus adéquats», a-t-il expliqué un jour, selon la presse.