LIÈGE

À Liège, l’aide aux migrants se structure, s’organise… et a besoin de soutien

À Liège, l’aide aux migrants se structure, s’organise… et a besoin de soutien

L’actualité s’est imposée à l’association Migrations Libres. Un rassemblement était organisé devant le siège du MR liégeois, en Vinâve d’Île, suite au décès de Mawda quatre jours plus tôt. © Maïlis Snoeck

Le collectif Migrations Libres sort du bois, à Liège. Composé d’une bonne cinquantaine de volontaires, il organise très concrètement l’aide humanitaire et l’accueil de migrants. L’association entend aussi militer activement pour que la Belgique réserve un meilleur sort à ces personnes.

L’aide aux migrants s’organise de façon tantôt informelle, tantôt structurée, lorsqu’il s’agit de venir en aide aux migrants. L’apparition d’un camp de fortune dans le parc Maximilien, en 2015, a suscité de nombreuses initiatives, cristallisées dans la Plateforme citoyenne de soutien aux réfugiés.

En région liégeoise, de nombreuses personnes se sont mobilisées, notamment pour héberger des migrants, leur venir en aide, effectuer avec eux les trajets de Bruxelles à Liège et vice-versa. Parmi ces gestes de solidarité, une trentaine de Liégeois.es organisent depuis février un hébergement collectif d’une dizaine de migrants, quatre nuitées d’affilée toutes les deux semaines, dans un local de la Cité ardente. À chaque fois, un groupe de personnes passe la semaine, du lundi au vendredi, en compagnie de Liégeois.

L’indignation après la mort de Mawda

Ce collectif regroupe aujourd’hui cinquante-cinq volontaires et a choisi d’officialiser son existence. Une première sortie publique s’est imposée à eux, lundi, puisque plusieurs dizaines de Liégeois(e)s se sont rassemblé(e)s devant le siège du MR local, pour manifester leur indignation suite au décès de la jeune Mawda. Jeudi prochain, une soirée est organisée à La Zone, en Outemeuse, pour lancer définitivement l’activité de Migrations Libres et récolter des fonds (lire ci-dessous).

À Liège, l’aide aux migrants se structure, s’organise… et a besoin de soutien
Quelques-unes des personnes à l’initiative pour la création de Migrations Libres. ÉdA Hermann

Deux fondamentaux: l’aide humanitaire et les revendications politiques

Sur le plan humanitaire, l’accueil, l’hébergement collectif et l’accompagnement de migrants du parc Maximilien, à raison de quatre nuitées toutes les deux semaines, requiert en soi une grande capacité de mobilisation, tant pour le transport que pour la logistique, les repas, les animations ou encore l’organisation des nuits.

Migrations Libres en appelle au soutien des citoyens et du monde associatif. Les aides peuvent se matérialiser de plusieurs manières. Des moyens financiers sont nécessaires pour assurer l’hébergement, de même que la mobilisation de davantage de volontaires, histoire de pouvoir élargir la structure autant que faire se peut.

L’hébergement est organisé en collaboration directe avec la Plateforme Citoyenne d’Hébergement. Par ailleurs, Migrations Libres est d’ores et déjà soutenue par sept associations liégeoises (Acteurs de l’Ombre, Barricade, CADTM, le CpCr, Riposte.cte et La Zone). «Le but de Migrations Libres consiste à aussi à constituer un bouclier associatif d’une plus grande ampleur», poursuit Thierry Müller. C’est de cette manière notamment que Migrations Libres entend jouer un rôle d’ordre politique.

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La mise en place de couloirs sécurisés pour les populations en transition, un accueil décent, la fin des rafles et du harcèlement policier, l’aide aux hébergeurs individuels et collectifs, la fermeture des centres fermés et des régularisations massives…

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La plateforme d’hébergement n’a en soi rien de militant. Elle rassemble simplement des personnes souhaitent en aider d’autres. La constitution de Migration Libres, par contre, permet à ses membres de porter une série de revendications à l’adresse du grand public et des décideurs politiques.

«Il s’agit premièrement de la “dédublinisation”, donc la fin de cette obligation de demander l’asile dans le pays européen où l’on débarque. Évidemment, de nombreux migrants refusent de demander l’asile, de peur d’être expulsés», exprime Thierry Müller. Parmi les autres revendications, «la mise en place de couloirs sécurisés pour les populations en transition, un accueil décent, la fin des rafles et du harcèlement policier, l’aide aux hébergeurs individuels et collectifs, la fermeture des centres fermés et des régularisations massives.»

Liège s’est inscrite dans la dynamique des villes hospitalières en adoptant une motion, en novembre dernière. Migrations Libres attend donc de la Ville qu’elle joue effectivement un rôle positif dans l’accueil des migrants.

Une approche humaine

Inévitablement, l’existence d’un tel collectif à Liège doit aussi permettre de sensibiliser le grand public, en portant un message opposé aux discours de rejet et de peur. «Il faut arrêter de dire que l’accueil des migrants coûte cher. Ce qui coûte cher, c’est de les chasser», lance Florence Thiry, active dans la Plateforme Citoyenne d’Hébergement. «Il faut arrêter de dire que les migrants sont des terroristes armés, c’est un mensonge. Ce sont des êtres humains perdus, qui ont été obligés de quitter leur pays. La population doit absolument entendre ça.»

Toute personne qui souhaite obtenir des informations ou soutenir Migrations Libres peut obtenir des informations sur www.migrationslibres.be, sur la page Facebook du collectif, via info@migrationslibres.be ou en contactant Thierry Müller au 0478/301838. Pour tout soutien financier, le numéro de compte est BE29 6511 6268 4564.

Soirée «benefit» le 31 mai

Migrations Libres organise une soirée de lancement et de récolte de fonds ce jeudi 31 mai à La Zone, en Outremeuse. Il s’agit d’une soirée «table d’hôtes» avec un repas au prix de 10 euros. Infos et réservations via info@lazone.be ou au 04/3410727.

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