TOURNAI

Le Tournai d’avant: 25 juin 1911, ils sont 8 700 sur les pavés

Manifestation? Grève? Émeute? Que nenni! Tournai, en toutes ses forces vives, économiques, culturelles, politiques, s’implique totalement dans cette volonté comme en témoigne le Carnaval d’été.

Ainsi, le Syndicat d’initiative qui siège aux anciens États du Tournaisis, rue des Orfèvres, ne cache pas ses ambitions: faire connaître Tournai à l’étranger et rendre la ville digne de retenir ceux qui la visitent.

Les moyens sont nombreux et divers: livrets à distribuer, affiches dans les gares du pays, timbres-réclame, photographies avec prime de 200 francs au vainqueur.

Autre préoccupation: attirer l’attention des échevins lors des attributions des permis de bâtir afin de bannir les projets ne répondant pas à l’esthétisme de la ville.

À ce bouillonnement, participe la SNCB qui remplacera le pont des Vendéens, trop étroit, par un ouvrage majeur; c’est ce pont nouveau que les Vendéens défendront le 24 août 1914.

Au cœur de ce renouveau, le Carnaval d’été. Il est pris en charge par l’Association des Cafetiers et Commerçants, présidé par Louis Coquelz et un comité de quinze membres dont Pierre du Bus de Warnaffe, Louis Pollet. Démontrant ainsi que la chose publique est chère à tous les niveaux.

L’argent sera sollicité parmi la population, par dons spontanés ou par une obole offerte lors du passage des délégués à domicile. Tous répondent, le programme s’étoffe au fil des jours.

On a peine à imaginer aujourd’hui ce cortège réunissant 8 700 figurants, 107 groupes, 10 chars et 40 musiques. Il en est ainsi pourtant.

Prémices le samedi 24 au soir, c’est l’accueil des Unités Tournaisiennes de l’étranger à la gare avec réception à l’hôtel de ville; puis concert place Saint-Pierre avec Jean Noté et l’harmonie des sapeurs-pompiers. Le site est trop petit pour la foule, l’enthousiasme est exceptionnel.

Apothéose le dimanche. Malgré une météo très moyenne, Tournaisiens et étrangers ont envahi les rues de la ville afin d’admirer, de commenter, d’applaudir les participants. À la place Crombez, court repos avec concert par les Matelots de Bernissart et l’harmonie kainoise. Le rondeau final, sur la Grand-Place, est superbe.

Mais n’est pas une finale car à 20 h, démarre une Marche de nuit avec la plupart des groupes, des chars et 30 harmonies. Les badauds sont là encore, saoulés de bruits, de musique, de beautés multiples. C’était en 1911…