Durant 18 mois, ils ont répété sans relâche: les week-ends et même, avant le lever de rideau ces 20, 21 et 22 mai, les jours de la semaine, de 14 à 22 h.

C’est que monter sur la scène de l’Opéra de Liège devant quelque 4 000 spectateurs ne s’improvise pas. Créer un spectacle au départ de Don Giovanni de Mozart non plus. Au total, ils sont une centaine de jeunes issus de différentes Maisons de jeunes à avoir participé à l’aventure de «Don Juan». Six d’entre eux sont issus du Centre Jeunes de Spa. «Deux filles venaient pour la danse et ont finalement assumé des rôles d’avant-plan, explique Frédéric Lorent, animateur au Centre jeunes de Spa qui a co-écrit le spectacle Don Juan. Hip-hop, vidéos, break dance… Les jeunes pouvaient venir avec la pratique qu’ils souhaitaient, la seule condition pour participer était de voir l’opéra original. Si non, difficile d’en proposer une nouvelle interprétation. Le personnage de Mozart, rebelle et insoumis, a beaucoup plu aux jeunes. De même que l’histoire très noire de Don Juan… Les jeunes ont vraiment tenu à respecter l’esprit original de cette œuvre de 1787 en l’adaptant avec des paroles de 2018».

C’est ainsi que fonctionnent les Maisons de Jeunes, par projet proposé par/pour les jeunes. Bien sûr, elles proposent aussi un accueil régulier des jeunes de 13 à 26 ans. Leur objectif est d’éveiller tous les jeunes, sans distinction, à la citoyenneté et à la culture. «Les jeunes peuvent venir de milieux très différents. C’est particulièrement frappant dans ce projet lancé par la Fédération des Maisons de Jeunes et l’Opéra Royal de Wallonie. Le brassage culturel, social et même des différentes tranches d’âges était très riche. Ce sont de belles rencontres». Belles rencontres aussi entre les jeunes et les artistes ainsi que les techniciens de l’opéra, conquis par l’enthousiasme de cette jeunesse.