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La Macédoine s’est-elle trouvé un nom acceptable par la Grèce?

La Macédoine s’est-elle trouvé un nom acceptable par la Grèce?

Le Premier ministre macédonien Zoran Zaev et son homologue grec Alexis Tsipras. AFP

Le Premier ministre macédonien Zoran Zaev a indiqué jeudi qu’une «solution acceptable» avait été trouvée avec son homologue grec Alexis Tsipras dans les difficiles négociations en cours avec la Macédoine sur le nom de cette dernière.

«Nous avons examiné différentes options. L’une d’elles est une solution acceptable pour les deux pays», a déclaré à Sofia, lors d’une conférence de presse, le chef de gouvernement macédonien qui négocie depuis plusieurs mois avec la Grèce un compromis sur cette question qui divise les deux pays depuis 27 ans.

Le Premier ministre macédonien a noté qu’il était «important de confirmer les succès obtenus» jusqu’à présent lors des pourparlers entre les deux pays. MM. Zaev et Tsipras se sont rencontrés à Sofia, en marge du sommet EU-pays des Balkans. «Nous allons avoir des consultations dans nos pays (respectifs, NDLR) pour voir si cette solution est possible», a ajouté M. Zaev.

Mardi, le gouvernement grec s’est félicité «des progrès importants» effectués dans les négociations en cours avec la Macédoine au sujet de la querelle sur le nom, soulignant toutefois qu’il restait encore «de la distance» d’ici à un accord.

«C’est très possible qu’il y ait un nouveau tour de négociations pour combler la distance qui sépare les deux parties», a souligné le porte-parole du gouvernement Dimitris Tzanakopoulos lors d’un point de presse.

La langue, dernière pierre d’achoppement?

La rencontre des deux Premiers ministres constitue un pas important depuis la relance des négociations sur ce dossier il y a quelques mois.

Les deux hommes s’étaient déjà vus en marge du sommet de Davos en janvier, et M. Zaev avait alors annoncé en signe de bonne volonté que la principale autoroute macédonienne et l’aéroport international de Skopje, tous deux nommés «Alexandre-le-Grand» – au grand courroux d’Athènes qui souligne que ce roi de l’Antiquité est seulement grec – seraient débaptisés.

Après avoir bloqué la reconnaissance internationale de la Macédoine sous ce nom depuis l’indépendance de cette ex-république yougoslave en 1991 -pour ne pas qu’elle s’appelle comme sa province septentrionale – la Grèce serait désormais prête à accepter «un nom composé comprenant le terme de Macédoine», par exemple Haute-Macédoine, «sous condition de la révision de la Constitution du pays voisin» pour en tenir compte, a réitéré M. Tzanakopoulos.

Selon une source proche du gouvernement macédonien ayant requis l’anonymat, «la difficulté principale actuellement» pour un règlement de cette querelle politico-sémantique reste «l’appellation de la langue macédonienne».