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TOURNAI

Le Tournai d’avant: 15 h 20 le 19 mai 1940: pourquoi?

Il est encore une énigme durant la Seconde Guerre mondiale: pourquoi avoir fait sauter les ponts de Tournai?

Il est dans tous les conflits, des événements dont il est malaisé de déterminer les tenants et aboutissants, livrant au public des visions très différentes, selon qu’ils sont le fait d’Alliés et de l’ennemi.

Il en est ainsi des bombardements que subit la ville. Les 16 et 17 mai 1940, ce sont les bombardiers allemands qui incendient une cité dite «ouverte» et qu’Yvan Gahide, en son excellent «Tournai sous les bombes» qualifie avec raison de «Bombardements terroristes de la Luftwaffe». Le but s’inscrit en ces mots, l’objectif essentiel est de terroriser la population et les milliers d’évacués venus de l’Est, de les envoyer sur les routes et d’ainsi paralyser les mouvements des troupes belge et anglaise. Cent neuf morts.

Le 10 mai 1944, ce sont les Américains qui font pleuvoir leurs bombes sur la gare et les environs en un «carpet bombing» ou bombardement en tapis qui laisse cent-vingt-cinq victimes sur le tapis. Stratégiquement, ceci se comprend bien: empêcher, retarder l’envoi des renforts allemands vers le front de Normandie qui s’ouvrira bientôt.

Il est quand même encore une énigme: pourquoi avoir fait sauter les ponts de Tournai?

C’est le 19 mai que les deux ouvrages fixes et les quatre levants sont détruits. La ville brûle encore, les habitants des quartiers non atteints sont priés, manu militari, de prendre le chemin de l’exil. Pas de troupes à Tournai sauf les artificiers, le passage du fleuve ne sera pas défendu intra-muros mais bien à Esquelmes et à Hollain.

Retarder l’avancée allemande? C’est que la rare documentation sur le sujet veut expliquer. Mais à quoi bon puisque les envahisseurs, bien au courant de la situation, ne tentent même pas d’établir ponts provisoires et/ou de bateaux entre Soyer et Delwart?

Pour quelle raison faire exploser notre vénérable pont des Trous, bien incapable de servir de lieu de passage même aux fantassins? Un pont qui eut bien de la chance puisque les inspections menées en vue de la reconstruction ont fait état d’explosifs dans les arches latérales comme dans les tours. Trop pressés, les Tommies? Et oui car certaines troupes anglaises en retraite arriveront trop tard au pont Delwart et incendieront leurs véhicules sur place, rive droite.

Soyer, Arche, pont à Ponts, Notre-Dame, de fer, Delwart n’avaient que quinze ans…