SANTÉ

Le CHR Mons-Hainaut pratique le sevrage des psychotropes

Le CHR Mons-Hainaut pratique le sevrage des psychotropes

Une unité de sevrage aux psychotropes à été inaugurée à l’hôpital de jour du CHR Mons-Hainaut. CHR Mons-Hainaut

Le Belge consomme trop de psychotropes. Pour les personnes âgées, cette surconsommation peut avoir des conséquences désastreuses. Une unité de sevrage a été inaugurée au sein de l’hôpital de jour gériatrique du CHR Mons-Hainaut.

L’accueil de Maggie de Block par une centaine de syndicalistes sur le site Saint-Joseph du CHR Mons-Hainaut (voir ci-dessous) a quelque peu éclipsé les raisons de sa visite. La ministre fédérale de la santé était invitée à l’inauguration d’une nouvelle unité au sein de l’établissement hospitalier, qui concerne plus précisément l’hôpital de jour gériatrique.

Réunissant en un seul lieu spécialiste et techniques de diagnostic, l’hôpital de jour gériatrique doit permettre, sur une seule journée, de réaliser un bilan complet de l’état de santé, en évitant les inconvénients d’une hospitalisation conventionnelle, dont les coûts élevés.

Une fois ce bilan établi, un programme de rééducation est établi en concertation avec le patient. Selon les besoins, il s’agira de revalidation cognitive (notamment chez les patients atteints de la maladie d’Alzheimer), locomotrice (par exemple après une chute ou une intervention orthopédique), psycho gériatrique (dépression…), mais aussi des soins de logopédie (troubles de la déglutition) et tous soins qui nécessitent une approche pluridisciplinaire.

Excès de somnifères et d’anxiolytiques

Considérant que l’hôpital de jour est arrivé à maturité, la direction du CHR Mons-Hainaut y développe de nouvelles disciplines, dont cette nouvelle unité inaugurée hier et qui proposent une offre de sevrage médicamenteux. Ce projet s’inscrit dans le cadre de la lutte contre la consommation de psychotropes et dans le cadre de la campagne lancée en janvier 2018 visant à lutter contre la surconsommation médicamenteuse.

Le site hennuyer démarre un projet pilote unique dans la région, intitulé «Psychotrope… is te veel». «La Belgique est le pays européen qui consomme le plus de médicaments psychotropes, essentiellement les benzodiazépines indiquées pour lutter contre l’anxiété et l’insomnie», indique le Dr. Pierre Lemaire, médecin gériatre, cheville ouvrière de ce projet pilote.

«Les effets secondaires de ces médicaments sont bien connus, notamment les troubles cognitifs et les troubles de l’équilibre favorisant les chutes. Certaines études épinglent la responsabilité des benzodiazépines comme première cause de chute chez le sujet âgé, avec la cascade de conséquences: fractures (col du fémur…), hématomes, complications entraînant souvent des hospitalisations prolongées, la perte d’autonomie et l’institutionnalisation.»

D’où l’intérêt de lutter contre la consommation excessive de ces psychotropes. Mais se sevrer ne s’improvise pas. «Il implique un accompagnement professionnel pluridisciplinaire sur la durée, en particulier chez des patients âgés qui sont parfois polymédiqués. Il nécessite au premier chef la collaboration du patient, de son entourage et de tous les professionnels de la première ligne: médecin traitant, personnel des maisons de repos, etc.»

L’hôpital de jour gériatrique du CHR Mons-Hainaut est ouvert tous les jours de la semaine de 08h30 à 16h30.

Quid de l’emploi dans les futurs réseaux hospitaliers?

Maggie De Block était attendue de pied ferme lundi à Mons, par une centaine de militants syndicaux. Ils voulaient sensibiliser les citoyens à leurs inquiétudes avant l’arrivée de la ministre qu’ils ont accueillie sèchement.

«Nous voulions que la ministre de la Santé nous entende enfin sur la problématique des réseaux hospitaliers et surtout des balises sur le plan social qu’on aimerait bien qu’elle intègre dans son arrêté royal», a indiqué Éric Caudron au nom du front commun.

Le CHR Mons-Hainaut pratique le sevrage des psychotropes
Maggie de Block en visite au CHR Mons-Hainaut CHR Mons-Hainaut
Préalablement à l’inauguration du nouvel hôpital de jour, la ministre a rencontré les instances du CHR et les représentants du front commun. «Nous avons parlé des réseaux hospitaliers et des inquiétudes des syndicats sur le fait que ça va diminuer l’emploi dans les hôpitaux», a indiqué Maggie De Block à l’issue de la réunion. «Je pense que ça sera le contraire parce qu’avec le vieillissement, on aura besoin de plus en de soins à l’hôpital et à la maison.»

La ministre de la Santé a par ailleurs évoqué le cas des zones rurales qui pourraient être plus touchées par la réforme. «Nous en avons tenu compte», a poursuivi Maggie De Block. «Nous avons adapté le nombre de patients qui doivent être dans un réseau. Le nombre évoqué de 400.000 patients n’est pas tenable en zone rurale. Il aura donc des exceptions compte tenu de la densité de population.»

Les syndicats ont quitté la réunion avec la ministre De Block avec l’impression d’avoir été écoutés mais pas forcément entendus. «La ministre doit mettre une note dans son arrêté royal quant aux garanties de l’emploi», a souligné le front commun. (Belga)