RENCONTRE

Céline Moureau, une Liégeoise parmi les pointures de l’art floral: «Je mesure la chance que j’ai»

Céline Moureau, une Liégeoise parmi les pointures de l’art floral: «Je mesure la chance que j’ai»

Ce jeudi, Céline Moureau achevait d’installer sa compositon florale «Autour de la pluie», dans le château du Val Saint-Lambert. ÉdA Hermann

L’événement Fleuramour devrait attirer des milliers de personnes ce week-end au Val Saint-Lambert. Parmi les artistes à découvrir, Céline Moureau, une Sprimontoise qui a choisi de se consacrer à l’art floral il y a six mois à peine.

Un soleil radieux, des dizaines de milliers de fleurs, des artistes floraux faisant partie du gratin international… L’événement Fleuramour, qui se déroule pour la première fois à Seraing, devrait attirer des milliers de personnes ce week-end. Voilà 25 ans que ce rendez-vous international de l’art floral existe au nord du pays. Les organisateurs concrétisent désormais leur souhait de le voir s’implanter aussi en Wallonie.

C’est dans l’écrin du Val Saint-Lambert qu’une quarantaine d’artistes venus de tout le pays, mais aussi d’Italie, des Pays-Bas et de Roumaine, peaufinent leurs installations florales avant le week-end. Parmi eux se trouve Céline Moureau, une régionale de l’étape, tout heureuse de faire partie de la programmation de Fleuramour.

La Sprimontoise s’est lancée tout récemment dans la discipline. «J’ai travaillé durant douze ans chez un fleuriste, Vase Ivoir à Embourg. J’ai beaucoup aimé cela, je tiens à le préciser. Mais j’avais envie de travailler pour moi-même, en quelque sorte. Je me suis lancée il y a six mois», raconte Céline Moureau.

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J’ai travaillé durant douze ans chez un fleuriste. J’ai beaucoup aimé cela, mais j’avais envie de travailler pour moi-même.

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Elle s’est rapidement fait un nom dans la discipline, notamment grâce au blog «Les petites idées de Mity», qu’elle a lancé voici deux ans. «Au départ, j’abordais une série de thématiques autour du bricolage, de la déco, etc. À présent, il est de plus en plus axé sur les fleurs, puisqu’un public de niche suit pas mal les articles», explique-t-elle.

En parallèle, Céline Moureau a intégré Upcoming Florist, un groupe de jeunes talents belges qui met le travail de l’art floral en lumière. «Nous sommes partis à Milan il y a un mois pour une exposition. Il y avait là de grands noms de l’art floral, c’était une très belle expérience», confie-t-elle.

Céline Moureau, une Liégeoise parmi les pointures de l’art floral: «Je mesure la chance que j’ai»
ÉdA Hermann

La participation à Fleuramour représente une consécration en soi. «Je mesure la chance que j’ai d’être ici, surtout aussi rapidement», glisse-t-elle avec modestie. C’est qu’elle y côtoie des artistes floraux qu’elle admire: Natallia Sakalova, Sören Van Laer, Arnauld Delheille ou Chantal Post, pour citer quelques exemples.

Les côtoyer permet d’engranger de l’expérience, de récolter des conseils et de s’entraider, à l’occasion. «En fait, j’en suis au même stade que des jeunes de vingt ans, j’apprends plein de choses. Je suis cataloguée “jeune talent”, alors que je me lance avec douze ans de retard», sourit la Sprimontoise.

De la boutique à la création

L’expérience accumulée durant les dernières années est loin d’être vaine, cependant. «Mais il y a de grosses différences entre le travail dans une boutique et l’art floral. En boutique, vous devez rapidement cibler l’attente du client, souvent réaliser une composition entre 15 et 25 euros, travailler vite.»

Dans l’art floral, il s’agit de création pure, d’expression artistique. «Et le travail est beaucoup plus long. Pour cette expo, j’ai réalisé des collages de feuilles de bambou sur parapluie: 2 h 30 par parapluie, sans oublier une paroi de 18 m2. Il y en a pour 50 à 60 heures de travail.» Tout un savoir-faire, que Céline Moureau met en œuvre à l’occasion d’expositions, de concours, occasionnellement de mariages.

On devine aisément à quel point l’art floral est fait de minutie et de labeur. La passion demeure indispensable elle aussi. Et lorsqu’on choisit soi-même de changer de vie pour exercer ce que l’on aime, on en manque rarement.

Une création autour du thème «Après la pluie»

Céline Moureau, une Liégeoise parmi les pointures de l’art floral: «Je mesure la chance que j’ai»
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Installée dans le château du Val Saint-Lambert, Céline Moreau peaufinait ce jeudi son installation florale déclinée autour du thème «Après la pluie».

Le soleil étincelant et la chaleur ambiante impliquent quelques mesures, tant ils pourraient détériorer les fleurs. «Nous avons choisi de les placer au dernier moment, pour qu’elles restent très belles tout au long du week-end. Nous devons également empêcher le soleil de pénétrer dans la salle», explique-t-elle, alors que le thermomètre pointe à 28 °C en bord de Meuse.

La réalisation florale, elle, se base sur des parapluies suspendus, couverts de feuilles de bambous. Comme sur un damier, une série de plots verticaux recouverts de carrelages sont posés au sol et eux-mêmes ornées de fleurs aux tonalités bleutées.

Plusieurs centaines de fleurs sont employées pour cette pièce. «Leur nombre est difficile à estimer. On ne doit pas être loin de 2000», explique Céline Moureau, à quelques heures de l’affluence du grand public.

Fleuramour

Du 20 au 22 avril au Val Saint-Lambert à Seraing, chaque jour de 10 h à 18 h.

Tarifs: 13€ en ligne, 15€ sur place, gratuit pour les – 12 ans, 12€ pour les groupes.

Infos et tickets sur crystalandflowers.be