LIVRE

VIDÉO | Du jeu et des pains: une année sur les traces des hooligans

Notre collègue Alan Marchal est l’auteur d’un livre consacré au hooliganisme en Belgique: «Du jeu et des pains».

En lecteurs attentifs que vous êtes, vous aurez déjà pu découvrir le documentaire de notre collègue Alan Marchal publié sur notre site mais aussi dans les pages de L’Avenir, début de cette année, alors que l’auteur était justement récompensé du prix de la presse web de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

VIDÉO | Du jeu et des pains: une année sur les traces des hooligans
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«Du jeu et des pains»

Pendant un an, Alan Marchal est allé à la rencontre des hooligans du foot. Ces supporters de l’extrême, autant fanatiques de leurs équipes que des bastons dans lesquelles ils s’affrontent après les matchs.

L’auteur nous raconte: «Lors de ma première rencontre avec un des noyaux durs les plus réputés du pays, l’accueil fut plutôt froid. J’appréhendais cette rencontre. Ils m’ont expliqué qu’ils avaient fait des recherches sur moi. Pour savoir qui j’étais.» Autant dire que le ton était donné.

Se sentir en danger

Mais qu’est-ce qui motive ces hommes à se comporter de cette manière? L’un d’eux explique: «Se sentir en danger! L’adrénaline. C’est ça qui nous fait vibrer. Faut pas croire que nous sommes des crétins chauves d’extrême droite. Le hooliganisme est un hobby d’hommes consentants et sains d’esprits».

Nous sommes apparemment entre gentlemen…

Tolérance zéro

Puisque dans les stades, depuis une vingtaine d’années, c’est tolérance zéro, ces gladiateurs du XXIe siècle se retrouvent ailleurs, pour ce qu’ils appellent des «free fight». Ce sont des bagarres sur rendez-vous, régies par un code d’honneur où chacun connaît la façon de mettre l’autre KO, les coups qui font mal. Mais il n’y aura pas d’acharnement.

Alan Marchal: «Ces bagarres, à 10 contre 10 ou 15 contre 15, ne durent que très peu de temps, une fois qu’un gars est à terre, les autres ne le frappent plus. En une minute ou deux, c’est réglé.»

On est loin du foot, évidemment, même si la première motivation de ces hommes, c’est leurs couleurs, leur équipe. Ce sont d’ailleurs souvent eux qui suivront une équipe jusqu’aux confins de l’Europe.

Mais ces fanatiques sont parfois un peu encombrants pour les clubs. Et pour les forces de l’ordre. D’où une réelle répression depuis quelques années et en particulier, depuis le drame du Heysel. Une répression que les principaux intéressés ont un peu de mal à comprendre.

Un supporter carolo témoigne: «J’ai passé l’Euro2000 en prison, soi-disant que j’avais arrangé un affrontement entre supporters anglais et allemands. J’ai pris cher».

La violence autour du football existe toujours, elle s’est juste déplacée, dans des endroits discrets, à l’écart des autorités. L’enjeu c’est l’honneur. Celui gagné par les coups et le sang. Triste époque, malgré tout…

Dans notre interview vidéo ci-dessus, Alan Marchal revient sur quelques anecdotes qui ont émaillé son enquête.

Alan Marchal, Du jeu et des pains, aux Éditions Luc Pire, 141 pages, 15€.

Ce livre a été rédigé dans la continuité d’un webdocumentaire que vous pouvez retrouver sur www.lavenir.net/hooligans