FRANCE

Une vaste opération d’expulsions tourne à l’affrontement dans l’ouest de la France

Des affrontements ont éclaté lundi matin lors d’une vaste opération d’expulsions par la gendarmerie d’occupants illégaux à Notre-Dame-des-Landes, dans l’ouest de la France, près de trois mois après l’abandon d’un projet d’aéroport.

Plusieurs centaines de gendarmes mobiles ont été déployés au cours d’une opération d’expulsion d’occupants illégaux à Notre-Dame-des-Landes. Ils ont tiré des grenades lacrymogènes ainsi que des grenades assourdissantes en réponse à des tirs de projectiles et de cocktails Molotov, ont constaté des journalistes de l’AFP.

Selon le ministère de l’Intérieur, un gendarme a été blessé à l’œil par un tir de projectile. Une première interpellation a eu lieu pour violences sur agent de la force publique, ont indiqué des sources proches du dossier.

L’intervention s’est concentrée sur une route qui avait été obstruée depuis plus de cinq ans, érigée en symbole du «retour à l’état de droit» par le gouvernement.

Les accès à la zone ont été bloqués par les gendarmes mobiles dès 03h30. Des images fournies par les militaires montrent un escadron de gendarmerie déblayant la route jonchée de pneus brûlés, d’épaves de voitures et surmontée de barricades en feu.

«Lamentable gâchis»

L’opération vise à déloger «une centaine» de personnes, et sera maintenue «tant qu’il sera nécessaire», a précisé à la radio Europe 1 le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb, ajoutant qu’une «quarantaine d’édifices doivent être démantelés».

Dans un communiqué, les militants anticapitalistes «zadistes» ont indiqué que «(leur) colère est ce matin profonde face au lamentable gâchis que représente la destruction engagée des maisons et espaces de vie qu’(ils ont) construits ici.» «Nous ne partirons pas», ont-ils conclu.

Cette opération de grande ampleur, prévue sur plusieurs jours, doit mobiliser au total quelque 2.500 militaires. Elle prévoit d’expulser toute personne n’ayant pas régularisé sa situation, en déclarant par exemple de nouveaux projets agricoles individuels, et à démanteler certains des 97 squats recensés par les autorités.

Une vaste opération d’expulsions tourne à l’affrontement dans l’ouest de la France
AFP

La quasi-totalité des 250 zadistes estimés sur place ne l’ont pas fait, préférant une gestion collective du territoire et la possibilité de mener des projets non agricoles.

Les militants avaient commencé à partir de 2009 à occuper la Zone d’aménagement différée (ZAD), rebaptisée par eux «zone à défendre» et retenue pour y construire le nouvel aéroport. Le 17 janvier, en abandonnant ce projet contesté, le gouvernement avait toutefois promis de mettre fin à la «zone de non droit».

L’opération démarrée lundi est la première d’ampleur depuis une tentative d’évacuation à l’automne 2012 qui avait viré au fiasco malgré la mobilisation de plus d’un millier de gendarmes et policiers.