«Aujourd’hui, la sécurité de la population n’est pas optimale»

«Aujourd’hui, la sécurité de la population n’est pas optimale»

EdA

Entre les fermetures et constructions de casernes,le manque de pompiers volontaires, la zone de secours de Wapi tente de trouver son équilibre.

La zone de secours de Wallonie picarde a été créée en 2015. Elle englobe 19 communes et veille sur 317 000 habitants. Actuellement, elle dispose de 14 postes de secours. À l’horizon 2024, elle ne comptera plus que 8 casernes. Olivier Lowagie, le commandant de zone, revient sur les éléments qui ont amené à la création de la zone, sur les mesures structurelles envisagées, sur les polémiques et sur les améliorations du service à la population.

Quel est le contexte qui sous-tend la création de la zone de secours ?

Auparavant, l’organisation des services de secours était liée à une loi de 1963. Les Communes géraient leurs propres casernes: il y avait ainsi dix services et quinze casernes sur le territoire repris, actuellement, par la zone. Le problème est qu’à l’époque, il n’existait pas le principe de l’aide adéquate la plus rapide… Cela veut dire qu’il fallait que ce soit la caserne de la commune où l’incendie s’était déclaré qui intervienne. Si l’habitation était plus proche de la caserne de la commune voisine; les pompiers de cette dernière ne pouvaient pas intervenir. Aujourd’hui, avec la zone, le législateur permet à la caserne la plus proche d’intervenir, et c’est dans ce sens qu’il était nécessaire de réorganiser les services.

Les aspects économique et financier étaient également importants dans ce projet de zone?

Par la création de la zone, il y avait une volonté que pour une contribution financière équivalente, un citoyen lambda puisse bénéficier d’un niveau de service similaire à un autre citoyen. En rassemblant les différents services, nous avons également pu opérer à certaines économies d’échelle. Ce regroupement a permis des économies sur le personnel même s’il a fallu aligner les tarifs d’intervention et les barèmes car la situation était différente d’une commune à l’autre… Pour les seuls ambulanciers, cela a occasionné un surcoût de 1,5 million d’euros à la zone. Des économies ont aussi été réalisées sur le matériel et sur les bâtiments. Finalement, d’ici 2024, la réorganisation des services de secours en zone aura coûté 3,5 millions d’euros; mais si nous n’avions pas consenti à mettre en place des mesures structurelles, comme la fermeture de certaines casernes, cela nous aurait coûté 7 millions!

Des communes dénoncent le coût de plus en plus difficile à prendre en charge…

Actuellement, les Communes payent 14,5 millions par an; avant la création de la zone, elles payaient 15 millions. Après, je peux comprendre que les Communes disent que cela leur coûte cher, mais elles ne prennent en charge que 57% du budget de la zone. Chaque bourgmestre gère sa Commune en bon père de famille et, en fonction de la clé de répartition, qui plus ou moins favorable, exprime son contentement ou son mécontentement. Par rapport à la procédure initiée au Conseil d’État, je n’ai pas à d’avis à exprimer. Le principal est que je dispose des moyens raisonnables pour assurer la sécurité de la population.

La réorganisation de la zone a-t-elle permis des interventions plus rapides ?

Dans ce projet de zone, ce n’est pas tellement la diminution de délai qui prime… mais c’est davantage la difficulté de disposer, à toute heure, de suffisamment de pompiers pour partir en intervention. Ce problème reste d’actualité avec la répartition actuelle des casernes… C’est dans ce souci de trouver un équilibre entre les délais d’intervention et les moyens à disposition que nous construisons trois nouvelles casernes, à Evregnies, à Blaton et à Rebaix.

D’ici 2024 et l’aboutissement des différentes mesures envisagées, la sécurité de la population sera-t-elle améliorée?

Je suis moi-même pompier et j’ai donc bien conscience d’où on vient et vers où va… Je suis convaincu que c’est pour un mieux à la fois au niveau financier mais aussi pour déployer un service adéquat sur le terrain!

Je pense que les pompiers ne voudraient plus revenir en arrière.


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