CINÉMA

Le cinéma français pleure Stéphane Audran, actrice fétiche de Claude Chabrol

Le cinéma français pleure Stéphane Audran, actrice fétiche de Claude Chabrol

Claude Chabrol et sa Muse, lors du Festival de Cannes 1965. AFP

La Française Stéphane Audran, actrice fétiche de Claude Chabrol et protagoniste du «Festin de Babette» (Oscar du meilleur film étranger en 1988), est décédée mardi à 85 ans des suites d’une maladie.

«Ma mère était souffrante depuis quelque temps. Elle a été hospitalisée une dizaine de jours et était revenue chez elle. Elle est partie paisiblement cette nuit vers 2h du matin», a annoncé à l’AFP son fils Thomas Chabrol.

Révélée en 1968 dans «Les Biches» de Claude Chabrol, avec un Ours d’argent à la clé à Berlin, Stéphane Audran devient rapidement une figure emblématique du cinéma français des années 1970.

Durant cette décennie, celle qui se distingue par une voix traînante joue des premiers rôles marquants dans «Le Boucher» et «Les Noces rouges» de Claude Chabrol, pour qui elle tournera au total une vingtaine de films.

Son rôle dans «Violette Nozière», également de Claude Chabrol, lui permet de remporter le prix français César de la meilleure actrice en 1979.

Elle participe à un des plus grands longs-métrages de Luis Buñuel, «Le Charme discret de la bourgeoisie», qui lui vaut de décrocher un prix britannique BAFTA de la meilleure actrice en 1973. Elle joue également dans «Vincent, François, Paul et les autres» de Claude Sautet.

Dans les années 1980, elle tourne dans «Coup de torchon» de Bertrand Tavernier et dans quelques films étrangers comme «Au-delà de la gloire» de Samuel Fuller. «Le Festin de Babette» du Danois Gabriel Axel, lauréat de l’Oscar du meilleur film en langue étrangère aux Oscars en 1988, lui offre un retour éphémère au premier plan.

«Stéphane était épatante pour jouer les femmes libres et indépendantes comme elle l’était dans la vie. Je l’ai dirigée dans + Les Saisons du plaisir + avec Sylvie Joly. Beaucoup de metteurs en scène étaient amoureux d’elle et d’ailleurs Claude Chabrol l’a épousée. Il en a fait son actrice fétiche. Elle était très aimée», a déclaré à l’AFP le réalisateur Jean-Pierre Mocky.