BRUXELLES

Hommage à Brussels Airport: Charles Michel réagit aux critiques

Une centaine de personnes se sont rassemblées ce jeudi matin à partir de 07h45 dans le hall des départs de l’aéroport de Zaventem pour rendre hommage aux victimes de l’attentat qui y a été perpétré il y a deux ans jour pour jour, le 22 mars 2016.

Certains proches des victimes ont déploré que la minute de silence n’ait pas été annoncée dans tout l’aéroport et le fait qu’un cordon les maintenait à distance de la plaque commémorative. Ils reprochent également aux membres du gouvernement fédéral présents de ne pas être venus les saluer dès leur arrivée.

«Ce sont leurs proches qui sont morts. Ce sont eux qui ont été blessés. Le Premier ministre n’est pas même venu saluer le premier rang. On l’a croisé à l’hôtel et il n’a même pas dit bonjour», a ainsi regretté Guillaume Denoix de Saint Marc, fondateur et directeur général de l’Association française des victimes du terrorisme.

Dans l'entourage du Premier ministre, on tient cependant à préciser qu'une rencontre avec les familles des victimes s'est bel et bien tenue, comme prévue au programme de la journée, à l'hôtel Sheraton après cette minute de silence, à l'abri des caméras et des appareils photo. Une rencontre jugée positive par plusieurs personnes présentes avant que le convoi ne prenne la direction de la station de métro Maelbeek, lieu où se sont poursuivies  les commémorations.

«Bloqués derrière un cordon de sécurité»

Thomas Savary, le beau-fils de Fabienne Vansteenkiste qui travaillait à l’aéroport, s’est lui aussi dit très déçu. «Deux ans c’est à la fois loin et proche, et beaucoup se sentent très mal cette année. Pour nous, c’est important de se recueillir à l’endroit où nos vies ont changé. Mais, ce qui s’est passé ce matin était un peu hors du temps. On nous a mis à l’endroit où la bombe a explosé, bloqués derrière un cordon de sécurité. Il n’y a pas eu d’annonce dans l’aéroport pour demander aux voyageurs une minute de silence. Elle a été suivie d’un larsen (sifflement désagréable, NDLR) pendant une minute, ce qui a rappelé un mauvais souvenir aux personnes présentes à l’aéroport ce jour-là. Quand j’ai voulu passer, tout de suite la barrière a été remise au cas où d’autres victimes auraient voulu passer pour se recueillir.» La photo de sa belle-mère a été déposée par ses collègues devant la plaque commémorative.

Le fondateur de l’association de victimes V-Europe Philippe Vansteenkiste, qui a perdu sa sœur à l’aéroport, tient toutefois à ajouter que les familles ont apprécié de pouvoir rencontrer des membres des services de secours à l’hôtel Sheraton, en face de l’aéroport. «C’est la journée où on peut à nouveau rencontrer les personnes qui ont porté secours aux victimes. Ce sont aussi des victimes. Ils ont vu des scènes de guerre et le travail qu’ils ont fait doit être salué.»

 

Un hommage très sobre

Plus d’une cinquantaine de victimes et proches de victimes étaient présents, de même que des membres de la Croix-Rouge de Belgique.

Le CEO de Brussels Airport Arnaud Feist était entouré de représentants du gouvernement fédéral, à commencer par le Premier ministre Charles Michel et les ministres Jan Jambon (Sécurité et Intérieur), Didier Reynders (Affaires étrangères), Koen Geens (Justice) et François Bellot (Mobilité et Transports) ainsi que du ministre-président du gouvernement flamand Geert Bourgeois.

La ministre des Affaires sociales et de la Santé Maggie De Block a également été aperçue dans le public.

 

 

Des gerbes de fleurs blanches et rouges ont été déposées devant la plaque commémorative située dans le hall des départs. Une bougie a été allumée. Le public a respecté une minute de silence à 07h58, heure de l’attentat. Aucun discours n’a été prononcé. La cérémonie a été d’une très grande sobriété.

Des victimes se sont ensuite recueillies devant la plaque commémorative.