TOURNAI

Portes closes aux urgences du Chwapi

Portes closes aux urgences du Chwapi

Pour la victime prise en charge à Tournai, être redirigée vers Ath ou Mouscron a un coût. (Photo d’illustration) -

Divers témoignages nous sont parvenus selon lesquels les urgences du Chwapi fermeraient de temps à autre leurs portes. Explications.

Tous les témoignages que nous avons reçu vont dans le même sens. Des personnes transportées vers le service des urgences du Chwapi ont été redirigées vers des services similaires à Ath ou à Mouscron, Tournai étant dans l’impossibilité de les recevoir.

Témoignage
"Une dame de 93 ans avait été hospitalisée à la suite d'une chute voici quelque temps.
Rentrée dans sa maison de retraite, elle fait une complication samedi dernier en matinée. 
Urgences Chwapi, soins, puis retour dans sa maison de retraite. Bien.
Le soir, nouvelle complication, mais là, plus d'accès au Chwapi. Raison invoquée : surchauffe des urgences liée au carnaval. Direction Mouscron, où on lui annonce qu'il n'est pas question de l'hospitaliser pour la nuit et qu'elle devra rentrer à sa maison de retraite après les soins. Elle est effectivement rentrée vers 1 h du matin.
Elle ne va pas bien.
La famille (qui était à ses côtés, je le précise) a beaucoup de mal avec ce genre de prise en charge dans nos institutions de santé…"  
(G.E.)

Une situation que le directeur médical du Chwapi, le docteur Van Bunnen ne dément pas même s’il tient d’emblée à préciser que «le chwapi n’est pas le seul hôpital concerné par cette problématique. Il arrive que nous soyons confrontés à une sursaturation et qu’il nous est dès lors impossible de prendre en charge certaines urgences. Nous décidons alors de fermer durant une heure afin de réguler les urgences. Sachez toutefois que les urgences vitales sont toujours prises en charge, mais si tous nos services de réanimation sont saturés, nous ne pouvons pas faire de miracle.

Nous disposons de 755 lits et si tout est occupé, nous avons des accords avec les hôpitaux d’ath et de Mouscron pour rediriger les urgences éventuelles. Les services de secours sont bien entendu avertis de la situation. Ce type de problème se présente notamment en période hivernale lorsque nous sommes confrontés à des pics de demandes…»

Précisons que les pics auxquels ont été confrontés les services ces dernières semaines ne seraient pas spécifiquement liés à l’épidémie de grippe (qui est en phase descendante).

Il y en eut un, par exemple, lorsque de fortes gelées se sont abattues sur la région et que les trottoirs se voulaient aussi glissants qu’une patinoire.

Il arrive également que des personnes se rendent aux urgences pour des interventions qui n’ont pas nécessairement un caractère d’urgence, ce qui ne facilite guère la situation, bien évidemment.

Il n’empêche que pour les victimes prises en charge par le 112, le fait d’être redirigé vers Ath ou Mouscron peut avoir un certain coût, la facture du transport pouvant alors facilement passer de 60 à 300€…