BRUXELLES

Des chercheurs de l’ULB démontrent comment un polluant affecte directement les artères

Des chercheurs de l’ULB démontrent comment un polluant affecte directement les artères

L’acide cyanhydrique est un polluant que l’on retrouve notamment dans la composition des gaz d’échappement ou de la fumée de tabac. AFP

Une étude de chercheurs de l’ULB met en évidence l’impact de l’acide cyanhydrique, un polluant de l’air, sur les protéines circulant dans le sang et leur accumulation dans les plaques d’athérome, des dépôts qui conduisent à l’obstruction des artères.

Des chercheurs de l’Université Libre de Bruxelles (ULB) ont pu démontrer l’effet de l’acide cyanhydrique, un polluant de l’air, sur les artères d’un être vivant. Leur étude, publiée dans le Journal of Biological Chemistry, met en évidence l’impact de cette substance toxique sur les protéines circulant dans le sang et leur accumulation dans les plaques d’athérome, des dépôts qui conduisent à l’obstruction des artères, indique l’ULB ce mardi.

L’acide cyanhydrique est un polluant que l’on retrouve notamment dans la composition des gaz d’échappement ou de la fumée de tabac.

Les chercheurs de l’ULB ont tout d’abord démontré qu’une protéine humaine, la myéloperoxydase (MPO), impliquée dans le développement de l’athérosclérose (perte de l’élasticité des artères) était capable d’oxyder l’acide cyanhydrique par divers mécanismes chimiques en cyanate, une formule favorisant la transformation de protéines circulant dans le sang.

Avec l’aide de deux équipes autrichienne et américaine, ils ont ensuite découvert que l’exposition au cyanure induisait l’accumulation de protéines modifiées par ce polluant spécifiquement dans les plaques d’athérome, des dépôts à l’origine de maladies cardiovasculaires.

Les protéines modifiées de cette manière sont également impliquées dans le déclenchement de mécanismes inflammatoires pouvant devenir chroniques, soulignent les scientifiques.

Selon l’ULB, «c’est la première fois que l’on démontre un lien direct entre une exposition à un gaz polluant et l’athérosclérose chez un être vivant».

Chaque année, la pollution atmosphérique est responsable de près de 12.000 décès prématurés en Belgique, selon les chiffres de l’Agence européenne de l’Environnement.