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Prudence avec les enfants-champions

Prudence avec les enfants-champions

De plus d’enfants lors d’épreuves destinées au départ aux adultes. Kara – stock.adobe.com

Nos petits bouts en pleine croissance ne sont pas à l’abri d’une passion dévorante pour une discipline sportive. Et quand l’engouement se mêle à la compétition, un désir ardent de progression s’accompagne la plupart du temps avec un entraînement conséquent. Les organismes en développement de nos bambins sont capables certaines fois d’égaler voire de surpasser ceux d’un adulte. Comme ce fut le cas ce 4 mars au «Huy For Trail», un trail semi-urbain. En effet, sur la course de 8km, la petite Zélie Dave, du haut de ses 12 ans, a remporté l’épreuve chez les dames, en 54 minutes. Le sport chez l’enfant est sujet à controverse, car il existe certains risques.

Quand muscles et os se désaccordent

Dans cet article, l’organisateur se pose des questions quant à la sécurité des coureurs juvéniles en quête de performances. Il est clair que la pratique du sport doit être encouragée chez l’enfant, car elle participe à un meilleur équilibre et un bon développement corporel. En effet, notre société tend vers la sédentarité excessive. Toutefois, il est recommandé de rester raisonnable et de s’adapter à la croissance de ceux-ci dans cette période très vulnérable. Nicolas Vezzoli, Kinésithérapeute nous explique: «Il y a des risques de ralentissement de croissance chez les enfants trop musclés. En fait, durant cette période, les os grandissent plus vite que les muscles qui s’étirent donc naturellement. Or un muscle renforcé sera moins extensible et plus court. Ce qui donne des risques de problème à l’insertion des tendons, sur les cartilages de croissance.»

Osgood, un enfant sportif sur cinq

À titre d’exemple, un cas bien connu est la maladie d’Osgood qui touche près de 20% des enfants-ados sportifs. Relativement bénigne, elle se caractérise par des douleurs aux genoux (ligament rotulien). On constate que le sport offre aussi à l’enfant la capacité d’explorer des vertus comme le courage et le dépassement. Mais le monde de la compétition est parfois impitoyable, le piédestal du résultat pour un adolescent a des chances de brouiller sa lucidité. Il y a quand même des choses en faire en guise de prévention.

Prudence avec les enfants-champions
La zone de lésion de la maladie d’Osgood touchant principalement les adolescents. -
«Pour remédier à ces pathologies liées à la croissance, il ne faut pas négliger les étirements. En effet, il arrive que les entraîneurs pensant que l’enfant est de toute façon plus souple, fassent l’impasse. Or la souplesse à cette période doit être encadrée pour éviter les contraintes sur les ancrages des muscles sur l’os, déjà existantes naturellement avec le processus de croissance. »

Si les problèmes cités existent chez le jeune, ils se manifesteront par un signal douloureux. Le meilleur remède sera alors d’observer une phase de repos, puis d’assouplissement.

Hormis ces discordances entre la croissance osseuse et la croissance musculaire liées à certains cas de surentraînement et d’efforts trop importants, le sport reste une source de bonne santé pour nos petiots!