TOURNAI

Le Tournai d’avant: nos égouts s’effondrent, ils sont centenaires

Place Verte, avenue de Maire, Beffroi: un peu partout, les canalisations souterraines destinées a recueillir et évacuer eaux et détritus divers se désagrègent et/ou se bouchent. Il ne faut pas s’en étonner.

C’est au XIXe siècle, surtout en seconde partie seulement, qu’intervient cette problématique.. Dans les rues de la ville, on va donc creuser des «aqueducs» avant de parler d’égouts et de raccordements publics dans cette cité encore fort proche du Moyen Âge.

Ce sera par nécessité comme celui de la rue Morelle «conduisant à la petite rivière qui en devient un véritable cloaque»; mais le plus souvent, l’aqueduc sert uniquement «à recueillir les eaux pluviales et/ou ménagères qui ne transiteront plus en surface».

Des égouts seront parfois réalisés pour le bien public comme en 1860 au Bas Quartier «souvent inondé, d’où de nombreuses maladies». En 1873, le Conseil Communal admet d’intervenir pour 146.000 francs (sur un total de 771.000) afin que soient construits «deux égouts collecteurs sur les deux rives de l’Escaut et un collecteur à ciel ouvert en aval du Pont des trous». Ouf!

Le but? «Mettre fin à une situation des plus dangereuses pour la santé de la population». Encore faut-il que les propriétaires s’y raccordent. En 1905, paraît cette disposition généreuse: «Pendant deux ans à compter du 1er avril 1905, les propriétés bâties existant pourront se relier à l’égout public sans payer le droit de concession de 20 francs»; même les futures demeurent jouiront de ce droit durant deux années. Et pour contraindre les Tournaisiens, il leur est «interdit d’établir ou d’utiliser aucun orifice ou conduit permettant d’écouler les eaux sur la voie publique ou les fils d’eau».

La construction d’égouts devient même une arme électorale. En 1911, la lutte sans merci que se livrent libéraux et catholiques permet de constater que, de 1903 à 1906 (néant en 1907) sont achevés en moyenne 410 mètres/an; l’autre législature se pare de chiffres plus importants avec une moyenne de 2260,50 mètres/an avec un record: 4.547 mètres en 1909. Pas sortis de l’auberge, les Tournaisiens.

Faut-il s’étonner que nos égouts aient vieilli?