SOCIÉTÉ

Journée internationale des femmes: six nouveaux CPAS vont recevoir une subvention pour aider les mères isolées

Journée internationale des femmes: six nouveaux CPAS vont recevoir une subvention pour aider les mères isolées

Le cabinet de la secrétaire d’État à la Lutte contre la pauvreté Zuhal Demir a précisé que six nouveaux CPAS vont recevoir une subvention pour prendre part au projet «Miriam», qui vise à mieux accompagner les mères isolées. Photo News

Le projet «Miriam» vise à mieux accompagner les mères isolées, six nouveaux CPAS vont recevoir une subvention pour y prendre part. Ce projet a déjà permis à 117 femmes particulièrement fragiles de bénéficier d’un soutien plus personnalisé.

Six nouveaux CPAS vont recevoir une subvention pour prendre part au projet «Miriam» qui vise à mieux accompagner les mères isolées, a indiqué jeudi le cabinet de la secrétaire d’État à la Lutte contre la pauvreté Zuhal Demir. Lancé il y a deux ans en tant qu’expérience pilote, ce projet a déjà permis à 117 femmes particulièrement fragiles de bénéficier d’un soutien plus personnalisé. Tous les CPAS sont dorénavant invités à s’inspirer de sa méthodologie, compilée dans un manuel et présentée aux professionnels ce jeudi lors d’une après-midi d’étude, le jour de la Journée internationale des femmes.

8x plus de femmes

On compte en Belgique huit fois plus de femmes monoparentales touchant un revenu d’intégration que d’hommes dans la même situation. En septembre 2015, les CPAS de Charleroi, Gand, Louvain, Molenbeek et Namur ont pris part à un projet pilote pour mieux accompagner ces femmes, et plus particulièrement celles dont le réseau de contacts est très peu développé et qui cumulent les difficultés.

Les participantes ont été épaulées par un accompagnateur qu’elles ont rencontré plusieurs fois par mois soit en tête-à-tête, soit lors d’activités de groupe. Toutes les facettes de leur vie ont été abordées (finances, logement, santé, mobilité,…) et des objectifs concrets ont été fixés, avec comme but général de renforcer leur confiance en elles et de rompre leur isolement.

Selon les CPAS, elles ont suivi des ateliers pour apprendre à isoler leur logement, fabriquer des cosmétiques, rouler à vélo, prendre la parole en public ou encore organiser des excursions familiales, en plus de l’accompagnement individuel.

Une équipe scientifique de la Karel de Grote Hogeschool a comparé l’évolution des participantes avec celle d’autres mères isolées suivies de manière conventionnelle. À la fin du projet, une femme sur quatre du groupe expérimental avait entamé une formation contre 5,7% lors du démarrage. Dans le groupe témoin en revanche, cette proportion avait diminué.

Le nombre de femmes bénéficiant d’une pension alimentaire a aussi significativement augmenté dans le groupe expérimental (de 51 à 60,5%), alors que beaucoup n’osaient pas se lancer dans une procédure pour réclamer leur droit, a souligné le cabinet de Mme Demir.

Six nouveaux CPAS seront sélectionnés

La garde des enfants étant souvent un problème crucial pour les mères isolées, les CPAS ont mis au point des solutions le temps des réunions liées au projet Miriam. «Certaines ont ainsi osé faire garder leurs enfants pour la première fois. Plusieurs dormaient avec leurs enfants, ne faisaient confiance à personne. On a dû faire tout un travail sur le détachement. Sur les six participantes à Charleroi, cinq ont finalement mis leurs enfants à la crèche. Pour nous, c’est une véritable victoire», a témoigné Cindy Marcelle, du CPAS de Charleroi.

Grâce à l’expérience, les femmes ont tissé des liens entre elles et continuent à s’entraider, ont aussi relevé les accompagnateurs. Elles participent davantage à la vie en société, prennent plus de temps pour elles et craignent moins le jugement des autres.

D’ici à l’été, six nouveaux CPAS seront sélectionnés pour mettre en œuvre le projet, avec 57.500 euros à la clé pour chacun d’entre eux. Les autres sont encouragés à lancer des initiatives sur fonds propres, notamment grâce au manuel méthodologique publié sur le site du SPP Intégration sociale (www.mi-is.be).