BRUXELLES

Et si on invitait Damso et les Diables à une projection du docu «Femmes de la Rue»?

Et si on invitait Damso et les Diables à une projection du docu «Femmes de la Rue»?

La nomination de Damso comme compositeur de l’hymne des Diables continue de générer des réactions: celle de Bianca Debaets n’est pas stupide. @BelRedDevils

Voilà une idée constructive dans la polémique qui entoure la désignation du rappeur Damso pour composer l’hymne des Diables Rouges: et si on l’invitait, lui et quelques footballeurs, à une projection du docu «Femmes de la Rue»? Bianca Debaets estime que ces stars, dont elle ne minimise pas le rôle de modèle, contribueraient ainsi davantage à la cause que par une «bête» censure.

C’est une idée qui se démarque dans le concert de méfiance envers le rappeur Damso, désigné pour créer l’hymne des Diables en vue du Mondial russe. La Secrétaire d’État bruxelloise à l’Égalité des chances Bianca Debaets (CD&V) propose en effet que l’Union Belge de football, avec ses joueurs et Damso lui-même, s’engage dans la lutte contre le harcèlement sexuel. «Dans ce débat, le rôle de modèle de personnalités populaires du monde du sport et de la musique ne doit certainement pas être sous-estimé», estime Debaets dans un communiqué.

Debaets assure donc avoir envoyé une lettre à l’Union belge pour proposer d’organiser prochainement, à Bruxelles, une projection du documentaire «Femme de la rue» pour les joueurs et le rappeur Damso. Pour rappel, le film de Sofie Peeters avait défrayé la chronique en 2012 en montrant à quel point une « bête » promenade à Bruxelles pouvait générer son lot d’insultes sexistes. «Un dialogue pourra ensuite être noué avec certaines victimes de harcèlement sexuel. Ça sera certainement un signal fort pour démontrer que des vedettes du monde du sport et de la musique s’engagent en faveur d’une société respectueuse des femmes», plaide la Secrétaire d’État.

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Si la Fédération choisit un autre chanteur, les paroles de Damso existeront toujours

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Car Debaets n’est pas dupe: elle aussi connaît la teneur des textes de Damso. «L’Union Belge, guidée par une partie des joueurs, a peut-être choisi un rappeur populaire pour son nouvel hymne mais plusieurs textes du répertoire de Damso apparaissent comme grossiers, sexistes ou totalement irrespectueux des femmes». Mais l’élue se fait fataliste. «Mais il est impossible de changer maintenant ce qu’il a écrit ou chanté par le passé».

Et Bianca Debaets d’argumenter avec à propos: «Si la Fédération décide de choisir un autre rappeur ou chanteur, les paroles de Damso existeront toujours et, au fond, ça ne changera pas grand-chose. Si Damso et les joueurs envoyaient ce signal fort, ça serait mieux». Ce qui n’empêche pas Debaets de rester ferme. «Si le rappeur refuse d’entrer dans cette dimension, alors, à mon sens, il s’auto-exclurait par lui-même en prouvant qu’il n’est pas digne d’être l’interprète de la chanson de notre équipe nationale».

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Beaucoup de jeunes regardent les rappeurs avec admiration et ils imitent leurs comportements ou leur façon de parler

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Et la Secrétaire d’état de rappeler que «86% des femmes bruxelloises indiquent qu’elles ont déjà été intimidées sexuellement en rue. Se faire traiter de “pute” ou “salope”, ce n’est pas du tout OK. Beaucoup de jeunes regardent les rappeurs avec admiration et ils imitent leurs comportements ou leur façon de parler. Nous ne devons pas faire de Damso un militant de la cause féministe, mais au contraire un homme qui pense que le respect des femmes doit être quelque chose d’élémentaire. On peut y arriver en lui montrant clairement comment certains mots peuvent faire très mal à des femmes et en l’invitant à écouter des témoignages de victimes de sexisme. D’autre part, les Diables rouges qui, pour la plupart, sont en couple et sont pères de famille, devraient avec plaisir s’associer à cette démarche exemplaire».

L’invitation est lancée. Elle n’est absolument pas stupide.