SOCIETE

Hymne des Diables: le Conseil des femmes mettra-t-il Damso hors-jeu en taclant les sponsors?

Hymne des Diables: le Conseil des femmes mettra-t-il Damso hors-jeu en taclant les sponsors?

Damso va-t-il devoir sortir de la pelouse à cause de la pression du Conseil des femmes et, indirectement, des sponsors? Reporters / Bpresse

Damso n’a pas fini de diviser. On connaît les accusations de sexisme dont le rappeur fait l’objet. C’est maintenant le Conseil des femmes qui s’indigne du choix du Bruxellois pour le nouvel hymne des Diables. Des Ministres fédéraux embrayent et l’Union belge semble hésiter.

Le Conseil des femmes s’indigne cette semaine du choix du chanteur Damso pour le nouvel hymne de l’équipe belge en vue du prochain mondial de football. Dans une lettre ouverte adressée aux sponsors des Diables Rouges, il dénonce le «mauvais signal» donné par la fédération belge de football (URBSFA). «Ses textes sont remplis de dégoût, de mépris et de violence verbale envers les femmes», affirme l’organisme, qui regroupe des associations de lutte pour l’égalité entre hommes et femmes.

 

 

Le Conseil des femmes désire pousser la fédération à annuler sa collaboration avec Damso. Il menace en outre de déposer plainte auprès de l’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes si l’URBSFA ne révise pas son choix, précise le document envoyé aux dirigeants de Carrefour, AB InBev, Royal Mail, la Loterie Nationale, ING, BMW, Proximus, EDF, PwC, Coca-Cola, Adidas, Besix et Munich Re.

«La Coupe du Monde de football est un événement fortement médiatisé, qui fascine autant les hommes que les femmes et les enfants. Il est inacceptable qu’une personne comme Damso, connu pour son langage grossier et sexiste, soit le porte-drapeau de notre pays. Que dit ce choix sur notre société? Que nous ne voyons pas de problème à diffuser des propos haineux envers la moitié de l’humanité?», s’interrogent les signataires.

L’organisme souligne également le contraste entre les textes du chanteur et le code éthique prôné par la fédération belge et la Fifa.

«Nous sommes confiants dans le fait que l’URBSFA se tournera vers un choix plus adapté», conclut le Conseil des femmes, qui appelle chacun à télécharger et renvoyer la lettre.

 

Des Ministres s’en mêlent

La secrétaire d’État N-VA à l’Égalité des chances Zuhal Demir et le vice-Premier ministre Open Vld Alexander De Croo se sont rangés à la demande du Conseil des femmes de revenir sur le choix de Damso.

«Cela n’est tout simplement pas possible. J’espère qu’on va laisser tomber», a réagi Demir mardi soir sur le plateau de l’émission «Van Gils & gasten» sur Eén.

De Croo a ensuite apporté son soutien au Conseil des femmes sur Twitter. «On peut chanter ce que l’on veut, mais pas marquer des buts de cette façon», a-t-il commenté, sous le slogan «sexisme hors-jeu».

Les critiques accusent l’artiste belgo-congolais d’avoir tenu, dans des chansons passées, des propos sexistes et méprisants envers les femmes. Le Conseil des femmes s’en était indigné dans une lettre ouverte envoyée aux sponsors de l’équipe belge.

L’Union belge «ouverte»

L’Union belge de football (URBSFA) reste ouverte au dialogue avec ses partenaires et ses sponsors à propos de l’hymne des Diables Rouges pour la Coupe du Monde en Russie, composé par Damso, a expliqué Pierre Cornez, le porte-parole de l’Union belge mercredi.

En ayant choisi Damso, l’URBSFA a subi de fortes pressions.

L’Union belge avait affirmé qu’il ne fallait pas s’inquiéter à ce sujet. «Nous vérifions le texte et avons contractuellement le dernier mot», a assuré l’Union belge. Maintenant que ses sponsors commencent à hésiter, elle pourrait changer d’avis.