JUDICIAIRE

Scènes de vie au palais de justice: le meilleur du pire de nos tribunaux

Scènes de vie au palais de justice: le meilleur du pire de nos tribunaux

- ÉdA

Utilisation d’une carte bancaire «sans faire exprès», du whisky-coca comme antidouleur après un accident et une grand-mère empoisonnée avec des crêpes… Voici ce qui s’est passé dans nos tribunaux ces derniers jours.

 

Conflit de voisinage, vol, infraction au code de la route, agression, autant de motifs de se retrouver face au tribunal. S’il existe une multitude d’alternatives pour l’éviter, force est de constater que nos tribunaux sont pleins. Face à ces hommes et ces femmes pris en défaut: un juge. À lui de juger les arguments de chacun pour ensuite opter pour la compréhension, le sermon et parfois la punition.

Mais il faut bien reconnaître que parfois, il est difficile de détecter la sincérité de la mauvaise foi. En effet certains usent de fourberie quand ils font face au tribunal. Toutes les excuses sont bonnes.

L’Avenir vous invite à découvrir ces petites scènes insolites de vos tribunaux. Découvrez notre sélection du meilleur du pire de vos tribunaux.

 

«Si j’ai fraudé, ce n’était pas intentionnel»

C’est bien connu, on paye souvent ses achats en ligne avec la carte Visa de ses amis sans se poser de question et sans le savoir… C’est en tout cas la tentative d’explication d’une Modavienne au tribunal correctionnel. Selon ses dires, son ami a directement introduit les codes de sa carte bancaire sur son téléphone portable afin de bénéficier d’une offre. Les précieuses informations seraient alors restées encodées dans le smartphone, ce que la prévenue n’aurait pas remarqué en effectuant d’autres achats les semaines suivantes.

A-t-elle remboursé son ami? La Modavienne assure l’avoir fait mais, comme par hasard, l’argent n’est jamais arrivé… Le tribunal doute en tout cas de ces explications confuses.

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Retrouvé endormi dans la voiture, il nie l’avoir volée

Une soirée bien arrosée et quelques verres dans le nez plus tard, un Villersois décide de voler la voiture de son voisin décédé avec son ami. Le hic? Il ne s’en souvient pas car «il a eu un trou noir».

Retrouvé ivre par la police sur le siège passager et en possession des clés, le jeune nie pourtant ce qui semble être une évidence… Le véhicule retrouvé chez lui? Il ne l’a pas volé personnellement mais «je savais qu’il devait être volé.» Mouais…

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Un whisky-coca comme antidouleur

Une dame perd le contrôle de son véhicule à Mettet. L’accident étant conséquent les secours et la police descendent sur place. Une fois sur les lieux, la conductrice est contrôlée positive à l’alcool avec un taux trois fois supérieur à la normale.

Le haut taux d’alcoolémie de la conductrice est-il à l’origine de l’accident? Bien sûr que non se défend la prévenue au tribunal correctionnel. Si elle a bu la cannette d’un demi-litre de whsiky-coca qui se trouvait dans son sac, c’était simplement pour agir sur la douleur subie suite à l’accident. Cette justification-là, on ne l’avait jamais entendue…

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Elle empoisonne sa grand-mère avec… des crêpes

Marie-France G. n’en est pas à son coup d’essai. Après avoir essayé de tuer son mari en 2011, elle remet le couvert avec sa grand-mère âgée de 96 ans. En septembre 2017, elle apporte des crêpes à son aïeule en allant lui rendre visite à la maison de repos.

Jusque-là rien ne semble louche même si la petite-fille vient rarement voir sa grand-mère. Mais le lendemain la nonagénaire, qui semblait en état de léthargie la veille, est retrouvée inconsciente. Après une prise de sang et la découverte de deux médicaments qui, pris ensemble, peuvent causer la mort, les soupçons se tournent rapidement vers Marie-France G.

Les indices qui pèsent dans la balance en plus de ses antécédents judiciaires? La prévenue a de lourds impayés et elle a contacté plusieurs fois l’administrateur des biens de sa grand-mère au sujet de sa maison. Grâce à ses crêpes et la disparition de la senior, elle espérait rapidement toucher le pactole.

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«Je ne vais pas te tuer, je vais te paralyser»

Des histoires de violences conjugales, il y en a des dizaines par mois au tribunal correctionnel. Mais celle-ci fait froid dans le dos… D’autant plus que le prévenu confirme sans remords les faits qui lui sont reprochés.

En septembre 2016 à Sambreville, un homme menace sa compagne avec un couteau et brise son GSM avant de lui asséner une dizaine de violents coups de pied dans le thorax. Résultat? Quatre côtes cassées et un pneumothorax. Le but du prévenu n’était pas de tuer sa compagne mais de la paralyser car elle était devenue «sa chose».

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Un pied-de-biche et un cutter pour découper une pizza?

Novembre 2017, Orlando brise la vitre d’une voiture dans un parking à Louvain-la-Neuve. Sac à la main, il se rue dans la voiture de son ami Mikaël qui l’attendait garé en double file. Pas de bol pour eux, la police passait par là. Ils tentent alors de fuir en fonçant sur la police.

Au tribunal correctionnel, Mikaël se défend en précisant qu’il ne connaissait pas les intentions d’Orlando. «En voyant le sac, je venais de lui dire qu’il était con. On n’avait jamais parlé de voler quoi que ce soit. Je lui avais dit connaître une pizzeria.» Mais le pied-de-biche et le cutter découverts dans la voiture du prévenu témoignent d’un tout autre scénario…

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Leur truc? Voler des iPhones

Avec quatre copains, un ancien joueur de football professionnel a dérobé des Iphones. Où les faits sont impressions, c’est que la bande a volé 17 téléphones portables en 72 jours! Ce chiffre impressionnant a été obtenu en seulement cinq vols répartis sur deux expéditions.

Le processus? Un conducteur fait le guet, deux voleurs pénètrent dans le commerce où l’un fait mine d’être intéressé par un appareil et demande une facture avant que les deux lascars ne prennent la fuite.

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«Je ne voulais pas la tuer mais ça aurait pu arriver»

Ce sont ses collègues qui, alertés par les coups et les absences répétées de la Hannutoise, lui ont permis de sortir de cet enfer. Grâce à eux, elle a eu le courage d’avancer et de porter plainte contre son frère qui la violentait depuis des années.

Coups, menaces psychologiques, privations, extorsions et séquestrations, la quinquagénaire était sous l’emprise d’un frère devenu autoritaire après le décès de leur maman.

Au tribunal correctionnel, il explique: «Elle me cachait des choses. Vous ne pouvez pas comprendre, vous ne la connaissez pas comme moi. Je ne voulais pas la tuer mais ça aurait pu arriver par accident. Elle est partie au bon moment.»

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