ÉNERGIE

Pacte énergétique: la ministre Marghem sort l’artillerie lourde pour répondre aux critiques

Pacte énergétique: la ministre Marghem sort l’artillerie lourde pour répondre aux critiques

La ministre fédérale de l’Énergie Marie-Christine Marghem a répondu vertement aux critiques. Reporters/QUINET

La ministre de l’Énergie Marie-Christine Marghem a sorti l’artillerie lourde pour contrer les critiques de ses partenaires de coalition CD&V et Open Vld sur son parcours dans l’élaboration du Pacte énergétique.

Dans une interview au Morgen, la ministre dit avoir le sentiment que les députés Leen Dierick (CD&V) et Egbert Lachaert (Open Vld) «ne cherchent que de l’attention» et elle se pose des questions sur leur connaissance des dossiers.

Ces dernières semaines, des critiques se sont élevées au sein de la majorité à propos de l’approche de la ministre Marghem. Elles se rapportaient à son refus de rendre publics les rapports sur les conséquences de la sortie du nucléaire en 2025 ou sur la façon dont elle a accolé un chiffre sur le surcoût de cette décision. Leen Dierick et Egbert Lachaert ne sont pas les seuls à s’être posé des questions, le N-VA Bert Wollants a lui aussi froncé les sourcils.

La ministre maintient qu’elle a toujours été transparente. Après les critiques provenant de sa propre coalition, elle contre-attaque vivement. «De Monsieur Wollants, je peux le supporter. Il maîtrise la matière sur le bout des doigts et a parfois des interventions brillantes au Parlement. Il suit la ligne de son parti qui veut être absolument certain du prix de la sortie du nucléaire.»

«Il n’y a plus d’arguments»

Marie-Christine Marghem est bien moins tendre avec Leen Dierick et Egbert Lachaert. «D’eux, j’ai beaucoup plus l’impression qu’ils ne font que rechercher l’attention, leur connaissance n’est pas toujours au même niveau. Je comprends qu’on doive faire cela en tant que député. Mais quelqu’un comme Leen Dierick vient chaque été avec la même petite chanson: où en est-on avec le Pacte climatique? Eh bien, nous y sommes presque. Egbert Lachaert n’a hérité de ce dossier que parce qu’Annemie Turtelboom est partie.»

Le président du CD&V Wouter Beke et la présidente de l’Open Vld Gwendolyn Rutten n’apprécient pas les déclarations de la ministre de l’Énergie. «Un ministre devrait se réjouir de députés excellents et critiques qui s’inquiètent de notre avenir énergétique. J’espère que vous le faites aussi», a lancé Wouter Beke à Mme Marghem. «Quand une ministre lance des attaques personnelles envers des députés, au lieu de parler des dossiers, on sait… qu’il n’y a plus d’arguments. Le débat serait tellement meilleur si on jouait la balle plutôt que l’homme ou la femme», a twitté la présidente des libéraux, en ajoutant les hashtags #zwaktebod (faiblesse) et #fail (échec). Du côté du Premier ministre, on se borne à rappeler qu’on travaille à un consensus dans le dossier.

Dans une interview en duo dans le Standaard, les spécialistes énergétiques N-VA Bert Wollants et Andries Gryffroy expliquent une nouvelle fois qu’ils n’estiment pas atteignable une sortie complète du nucléaire en 2025. «Nous n’avons pas un avis différent de celui des autres partis sur le but, mais seulement sur le chemin pour y arriver», souligne Andries Gryffroy. «Il n’est plus possible de forcer une sortie complète du nucléaire d’ici 2025.»