CYCLISME

Strade Bianche: comment un Wout Van Aert complètement cramé a dû mettre pied à terre dans le final dantesque

Final infernal après des «Strade Bianche» dantesques ce 3 mars pour Wout Van Aert: le triple champion de cyclocross a dû mettre pied à terre, vaincu par les 16% impossibles de la montée finale vers Sienne. Les réseaux sociaux relayent ce moment de bravoure du Belge.

Le final des dantesques Strade Bianche a réservé des images que les télévisions n’ont pu vous montrer. Dans la dernière et terrible grimpette (passages à 16%) vers Sienne et sa mythique Piazza del Campo, Wout Van Aert a en effet dû mettre pied à terre, perclus de crampes. Comme un cavalier du Palio désarçonné par sa sauvage monture.

À défaut d’une caméra au sommet de cette grimpette à dégoûter les poids plume du peloton encadrée par un public aussi dense que dans les bergs du Tour des Flandres, les réseaux sociaux ont relayé ces images incroyables. Au loin, on y voit le triple champion du monde de cyclocross décramponné par Bardet et ahanner en vue du sommet.

Puis c’est le «drame»: alors que le Français augmente la cadence dans un morceau de pente enfin plus clément, le Belge zigzague, puis tombe. On peut croire à un mauvais choix de pignon, mais c’est faire peu de cas de l’agilité du roi des labourés. D’autant que les images sont sans appel: c’est la plus petite vitesse qui est enclenchée sur le vélo du coureur de Veranda’s Willems-Crelan-Charles.

 

 

«J’ai suivi Bardet, même si on était loin de Sienne»

Une seule conclusion: Van Aert est complètement cuit. Mais son jusqu’au-boutisme lors de cette première participation à des «routes blanches» qui resteront mémorables pour les Belges (victoire de Tiesj Benoot, on le rappelle), le pousse à remonter en selle. D’autant que la 3e place est en vue ou presque. Mais les douleurs dans les jambes rendent l’opération délicate... On s’étonnera ensuite de voir la star du cyclocross mouliner comme si de rien n’était ou presque entre les façades séculaires et les hourras, une fois le cuissard réajusté sur la monture. Un instant de sport incroyable, un vrai moment de bravoure.

 

 

Évidemment, les conditions étaient propices dans cette boue calcaire pour l’équilibriste de nos champs hivernaux. Mais il a fait beaucoup mieux encore que le top 10 qu’il avait osé espérer«J’étais beaucoup plus près de la victoire que je le pensais», relatera Van Aert en conférence de presse. «Mais à la fin j’ai dû renoncer. J’ai pris la bonne décision en embrayant derrière Bardet, même si on était loin de Sienne. Dans les 15 derniers km, je n’avais plus de sucre et j’étais cramé. Je pensais seulement au podium et je suis tellement content de l’avoir décroché, parce que j’ai eu des crampes dans les 100 derniers mètres et je suis même tombé du vélo».

«C’est un début fantastique pour mon premier printemps classique»

Mais comment ne pas s’enthousiasmer pour cette performance incroyable d’un coureur qui risque d’adopter une trajectoire sur route au moins aussi fructueuse que Stybar, lui aussi ancien champion de cyclocross et pilier de Quickstep, déjà vainqueur à Sienne. «C’est un début fantastique pour mon premier printemps classique et ça me donne beaucoup d’espoir pour ce qui va arriver. Je n’ai jamais pensé que je pourrais réaliser ça sur route et je veux vraiment profiter de cette place sur le podium au plus haut niveau», modère le jeune homme de 23 ans, superstar en Flandre. Avant de conclure sagement: «J’ai déjà atteint mon objectif avec cette troisième place. C’est super et tout ce qui viendra après sera du bonus. Mais je vais certainement revenir ici pour faire encore mieux».

On comprend désormais mieux pourquoi le maillot arc-en-ciel a laissé filer autant de victoires cet hiver face à son rival Mathieu Van Der Poel. Et on se réjouit de le voir caresser du pavé à Roubaix.