NAMUR

VIDÉO| Domenico, l’ «acteur raté» qui nous a piégés avec un coup de téléphone inoubliable

Rêvant des quinze minutes de gloire chères à Andy Warhol, Domenico, artiste raté (quoique…), nous a contactés et nous a bien… piégés, quelque part entre François L’Embrouille et Pirette.

C’est un coup de fil comme tant d’autres que nous avons reçu il y a quelques semaines (à partir de 3’04 dans la vidéo). Comme tant d’autres, mais qui marque les esprits par la tournure ubuesque qu’il a prise. À l’autre bout du fil, Domenico Lambrodzo («comme ça se prononce, c’est pas compliqué, si?»), un jusqu’au-boutiste, prêt à tout pour faire reconnaître son art, sa capacité à avoir un article, tantôt hautain tantôt modeste, hilare et, le moment d’après, en proie au plus profond des désespoirs. « Je me sens acculé, je suis au bout du rouleau. La seule chose qui me maintient en vie, ce sont mon copain et mes chiens.» L’homme, «en train d’écrire un spectacle» était prêt à tout pour avoir son nom dans la gazette. « Je voulais avoir un accord de principe parce que je passe à l’ONEM et je vais me faire radier. Je me dis que si j’avais un article, ils seraient peut-être plus doux avec moi […] J’imagine, je tombe mal. […] En plus, ils sont méchants à l’ONEM, ils disent qu’ils sont gentils mais ils sont très très méchants. En plus, avec cet article, ça aurait été Domenico se tourne vers L’Avenir. C’était bourré d’espoir. » Après les palabres, nous avions quitté Domenico en mode «Rocky». Il ne nous avait plus donné de nouvelles, jusqu’à…

Canular et critiquerie

Jusqu’à ce qu’une vidéo circulant sur Facebook et titrée «Domenico Lambrodzo se tourne VERS L’AVENIR» réveille le souvenir curieux de cette drôle de rencontre téléphonique. Dans cette vidéo, filmée en temps réel, non content d’avoir appelé notre rédaction, Domenico ne s’était pas privé de contacter d’autres rédactions du Namurois, comme la DH («Je vous appelle pour voir si c’est possible de faire un article sur moi, avec une grosse photo, dans le journal »), La nouvelle gazette (« Vos nouvelles, c’est toujours un peu hard, on se croirait dans Nouveau Détective») ou encore la RTBF. Et Domenico n’était en fait que l’avatar excentrique du survolté… Rémi Clobert, acteur-réalisateur namurois déjà bien connu pour la réalisation de courts-métrages et qui se spécialise désormais dans la critiquerie, des critiques improbables et décapantes des films du moment. Et quand il y a moyen d’y adjoindre un concept, comme un canular, Rémi fonce. Et avec la sortie de Pentagon Papers, le dernier Spielberg consacré à la vie de la rédaction du Washington Post prête à tout pour révéler les scandales d’état, Domenico «Rémi» Lambrodzo a trouvé qu’il avait un coup à jouer à son petit niveau. «Domenico Lambrodzo est un personnage que j’ai créé en 2013 entre deux tournages de courts-métrages «sérieux»…Puis, je l’ai un peu oublié. Et quand, en juin 2017, j’ai décidé de me lancer dans les critiqueries, Domenico s’est imposé comme un personnage ‘récurrent’et qui, dans un futur proche, va devenir assez important… Domenico est un gars né dans les années 80 et qui n’a qu’un but dans la vie: percer dans le cinéma… sauf qu’il est un peu brut de décoffrage, nature et sans filtre. »

Pour son canular, si l’improvisation guide évidemment les discussions, Rémi prépare donc un squelette. « Puis, c’est sans filet… j’essaye de placer ce que j’ai prévu de placer mais le plus important c’est que la sauce prenne. Une fois que je sens que c’est ok… alors je peux lancer le bolide. » Et voilà comment cet hurluberlu aussi attachant que crispant et horripilant a atterri dans notre cornet de téléphone. Et la blague était bonne.