ROCHEFORT

Amand Dalem, figure politique namuroise, est mort

Amand Dalem est décédé ce mercredi à l’âge de 79 ans.

Amand Dalem s'est présenté pour la première fois sur une liste électorale pour les élections communales d'octobre 1970, non sans succès puisqu'il est devenu bourgmestre de Rochefort le 1er janvier suivant. Il restera maïeur durant un quart de siècle.

Ses scores électoraux dans les années 80 en ont fait une pointure politique régionale et nationale, faisant de lui, en 1987 le recordman des voix de préférence (48.295 voix) sur la liste de son parti au Sénat, devant le CVP Leo Tindemans qui n'en avait récolté que 47.371 à Anvers.

En 1989, Amand Dalem avait reçu le soutien de 68.000 électeurs pour les européennes.

Figure politique majeure du Namurois, pilier du PSC et champion des voix de préférence, il a été bourgmestre de Rochefort entre 1970 à 1994 et ministre wallon de 1988 à 1992.

Amand Dalem a également siégé au Sénat entre 1979 et 1994. Il a terminé sa carrière comme gouverneur de la Province de Namur, poste qu’il a occupé de 1994 à 2007.

Bellot : « Un grand gestionnaire »

A l’annonce du décès de son prédécesseur au maïorat de Rochefort, l’actuel bourgmestre empêché de Rochefort, François Bellot (MR) a tenu à souligner « le travail politique d’un homme d’Etat qui a marqué la vie wallonne, particulièrement celle de la province de Namur ».

Selon l’actuel ministre fédéral de la Mobilité, Amand Dalem a imprimé sa marque sur la gestion communale mais a également développé une entreprise privée florissante (NDLR : de travaux routiers) dont les travaux de qualité étaient appréciés et reconnus par l’ensemble des maîtres d’ouvrages.

« Je salue en lui un homme travailleur, grand gestionnaire public et privé, qui fut très populaire, serviable et disponible. C’est une perte pour le monde politique et la région namuroise », a encore dit François Bellot, présentant ses condoléances aux proches d’Amand Dalem.

BIO EXPRESS

Amand Dalem est né le 5 juin 1938 à Comblain-Fairon, en province de Liège. Avec son épouse Georgette Lambry, il a eu un enfant, Frédéric. Il était titulaire d’une licence en sciences économiques  et financières (obtenue à Liège), d’une autre en organisation d’entreprises (obtenue à Louvain).

Mandats Il fut bourgmestre de Rochefort (1970-1994), conseiller provincial (1971-1979), sénateur (1979-1994), ministre wallon du budget et de la tutelle (1985-1988), ministre wallon du budget, des finances et du transport (1989-1992) et gouverneur de la province de Namur (1994-2007).

Chiffres Amand Dalem a pris part à 22 scrutins électoraux, visité 400 entreprises, mené 70 missions économiques internationales et réalisé plusieurs tours complets tours des 38 communes de la province de Namur.

Top scores Il serait heureux de voir ici rappelés quelques-uns de ses meilleurs scores électoraux, qu’il connaissait par cœur : 33 667 voix (Sénat 1985), 48 295 voix (Sénat 1987) et 53 664 (Sénat 1991), 68 541 (Européennes 1989).

Décoration. En 2008, il a été fait Grand officier de l’ordre de Léopold, la plus haute distinction pour un gouverneur de province.

LE MONDE POLITIQUE A RÉAGI, MERCREDI SOIR

François Bellot (MR), ministre fédéral et bourgmestre empêché de Rochefort évoque « le travail politique d’un Homme d’État qui a marqué la vie wallonne, particulièrement celle de la province de Namur. Je salue en lui un homme travailleur, très populaire, serviable et disponible. Tout au long de sa carrière, il a consacré toute son énergie à ses fonctions qu’il a assumées en sa qualité de grand gestionnaire public et privé. C’est une perte pour le monde politique et la région namuroise. »

Michel Lebrun (cdH), ancien député et ministre wallon : « Je rends hommage à celui qui a été pour moi et pour beaucoup un exemple de courage et de fidélité à son parti, le PSC. Champion des voix de préférence, il a pu emmener à sa suite de multiples militants, dont j’étais, qui ont été impressionnés par sa grande attention aux gens, son attention constante à la vie économique de la province de Namur et par sa profonde connaissance des communes. »

Pierre-Yves Dermagne (PS), député wallon et premier échevin à Rochefort : « C’est une forte personnalité rochefortoise qui vient de nous quitter. Amand Dalem aura marqué de son empreinte la vie politique rochefortoise et namuroise de ces cinquante dernières années. »

Maxime Prévot (cdH), bourgmestre de Namur et député wallon : « Grand homme politique et grand monsieur, il aura dans la diversité de ses fonctions, et jusqu’au bout, assumé avec constance et sens des autres ses engagements. Je l’ai maintes fois rencontré et entendu au téléphone, même avec une voix plus faible, quand il s’agissait de défendre la province de Namur, et les intérêts des familles namuroises en général. »

Denis Mathen, gouverneur de la Province de Namur : « La province de Namur perd une personnalité qui a marqué toutes celles et ceux qui l’ont côtoyé, qui a beaucoup œuvré dans ses différentes fonctions pour la défense des intérêts de l’espace provincial namurois, tout particulièrement sur le plan économique et qui a toujours témoigné un grand attachement pour ses concitoyens. »

Richard Fournaux (MR), bourgmestre de Dinant : « Respect Monsieur Dalem. Votre départ n’effacera pas votre présence imposante au sens propre et figuré. Je vous dois beaucoup. Vous avez placé Rochefort en avant sur beaucoup de plans. De très nombreuses personnes vous doivent un service. Je n’ai jamais osé vous tutoyer, aujourd’hui je me permets de dire “ au revoir, Amand”. »

Fournaux: «Je ne me suis jamais senti son égal»

Richard Fournaux, c’était un peu le fils en politique d’Amand Dalem. «Pour moi, ce n’était pas Monsieur le bourgmestre ou Monsieur le ministre.

Mais Monsieur Dalem, un grand Monsieur.» Richard Fournaux a connu Amand Dalem grâce au député PSC Émile Wauthy. Tout jeune, Richard Fournaux a collé pour Amand Dalem. «Je me souviens, on ne pouvait coller une affiche de Dalem sans en coller une de Wauthy. C’était un tandem terrible. Ensemble, ils avaient fait un fameux résultat. Mais après, il y avait eu un froid. On pensait qu’Émile Wauthy, chef de groupe à la Chambre, allait devenir ministre. Mais ce fut Amand Dalem qui fut désigné. À l’époque, ce fut une tragédie pour le PSC d’arrondissement.»

Plus encore que son action comme ministre, Richard Fournaux met en exergue son action comme bourgmestre. «Amand Dalem gérait la Commune comme il gérait son entreprise. Pour lui, la politique, ce n’était pas que de l’esbroufe.» Le bourgmestre de Dinant avait de l’admiration pour Amand Dalem. «Je l’ai toujours respecté. Je ne me suis jamais senti son égal. Il impressionnait physiquement et ses résultats électoraux parlaient pour lui.»

Le coup de fil du dimanche soir

Entre les deux hommes, les relations étaient cordiales, mais le Rochefortois n’hésitait pas parfois à tancer celui qu’il couvait comme un fils en politique. «Je faisais partie de ceux à qui il téléphonait le dimanche soir pour demander ce qu’on disait dans l’arrondissement, si on ne parlait pas en mal de lui. C’était un grand inquiet, tout le monde le rassurait. Un jour, j’ai eu le malheur de lui dire une chose qui n’allait pas. Il m’a convoqué dans son bureau. En permanence, il avait sur lui, dans son petit agenda parlementaire, ses résultats électoraux, commune par commune. Quand il était sur le terrain, il pouvait remonter les bretelles à l’un ou à l’autre, là où il avait moins performé.»

Richard Fournaux se souvient aussi du jour où, président des jeunes PSC, il avait entrepris une action médiatique en envoyant une brique à certains journalistes pour dénoncer des mesures de la Région wallonne défavorables, selon lui, au secteur de la construction: «J’ai été littéralement démonté au téléphone.»

Dalem et Fournaux, deux entrepreneurs en politique, deux hommes qui ont eu beaucoup de points communs. «Mais il y a une chose dont on n’a jamais parlé, concède le bourgmestre de Dinant. C’est quand je suis passé au MR.»