BELGIQUE

Rien n’a été fait pour consolider les réseaux mobiles depuis les attentats de Bruxelles

Rien n’a été fait pour consolider les réseaux mobiles depuis les attentats de Bruxelles

Jackin – Fotolia

Rien n’a changé depuis les attentats du 22 mars 2016 en matière de réseaux mobiles, à en croire la patronne de la division belge d’Ericsson. Si demain un tel événement se reproduit, les réseaux seront à nouveau saturés comme ce fut le cas.

Et les remettre sur les rails ne peut ensuite se faire que de façon progressive, met ainsi en garde Saskia Van Uffelen, la CEO pour le Benelux de l’équipementier télécoms suédois, depuis le salon Mobile World Congress de Barcelone.

De nombreuses réunions ont eu lieu depuis 2016 entre les opérateurs et les responsables politiques du pays, notamment avec le ministère de l’Intérieur. Mais rien de concret n’en est pour le moment ressorti, se désole la patronne belge.

La France a, elle, tiré les leçons des attentats et a pris des mesures en renforçant drastiquement le personnel et le pouvoir de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (Anssi) ces cinq dernières années, illustre-t-on chez Éricsson France.

Trois menaces pour la Défense nationale ont été identifiées il y a quelques années: l’attaque terroriste, l’attaque nucléaire et la cybercriminalité. La première s’est déjà réalisée, la seconde est au centre des préoccupations de la planète, notamment vu la situation avec la Corée du Nord ou l’Iran, et la troisième se produit au quotidien.

«L’Anssi a vu ses moyens décuplés depuis lors. Il a un mandat pour assurer la sécurité des réseaux et des infrastructures vitales comme les hôpitaux, les opérateurs télécoms, le réseau énergétique, les transports», détaille Viktor Arvidsson, responsable de la stratégie et des affaires publiques d’Éricsson pour la France et la Belgique.

Le CEO d’Orange Belgium, lui aussi présent à Barcelone, explique qu’il existe des alternatives pour gérer la congestion en cas de nouveau 22 mars. «On peut par exemple privilégier la voix ou les SMS au détriment des données mobiles. Ce que nous avions fait et qui a permis à notre réseau de tenir», relève ainsi Michael Trabbia. «Nous sommes logiquement sollicités dans la lutte contre le terrorisme et nous souhaitons apporter notre contribution», complète-t-il.

La future 5G, successeur de la 4G, devrait être déployée à l’horizon 2020. Elle permettra des capacités de réseau beaucoup plus importantes qu’actuellement. Mais aussi et surtout de «découper» celui-ci en réservant et garantissant de la capacité à certains acteurs, comme la police ou les services de secours. «On ne leur donnera plus une priorité sur le réseau mais bien de la capacité», insiste le patron d’Orange Belgique.

Michael Trabbia plaide dès lors une nouvelle fois pour que des décisions se prennent rapidement autour de la 5G. «Au moment où tout l’écosystème mondial évolue concrètement vers ce standard, on a besoin d’une vision claire en Belgique, que ce soit pour la libération des fréquences, le cadre juridique de cette technologie ou les normes d’émission (qui, trop strictes, rendent actuellement impossible son déploiement à Bruxelles)», martèle-t-il.

Il y a quelques semaines, le ministre des Télécoms Alexander De Croo avait demandé de mettre le développement de la 5G dans la capitale à l’agenda du prochain comité de concertation avec les autres gouvernements. «Bruxelles ne peut pas manquer cette chance et doit être l’une des premières villes équipées en 5G», avait alors indiqué son cabinet.