NAMUR

Namur: un atelier vélo pour remettre en selle les réfugiés

Soutenu par l’ASBL Générations solidaires,l’atelier vélo du centre pour réfugiés de Belgrade a pu acheter du matériel neuf.

Vous avez besoin d’un nouveau vélo et vous ne savez que faire de l’ancien? À Belgrade, au centre pour réfugiés, Patrick Forthomme et son équipe, membres du Collectif Citoyens Solidaires de Namur, vous tendent leurs bras: depuis plus de deux ans, ces bénévoles sont à la recherche de bécanes dans le but de les retaper et de les offrir à des réfugiés du site de Belgrade.

«La principale raison de cette activité, ouverte le mercredi et samedi après-midi, c’est un souci de mobilité. Les résidents ne reçoivent qu’un euro par jour. Or, un trajet en bus coûte, environ, 2,40€. Il leur est donc impossible de se rendre à formation, un entretien d’embauche voire au travail via les transports en commun, commente Michel Grawez, bénévole. Grâce à cet atelier, ils reçoivent un vélo de seconde main, en excellent état, moyennant 10€ et un coup de main pour la réparation. Si nous leur demandons de l’argent, c’est parce que c’est une façon de les responsabiliser.»

Le projet est donc simple mais bougrement efficace. En deux ans et demi, 210 vélos ont été remis en état avant de trouver un nouveau propriétaire. Preuve donc que votre deux-roues, qui prend la poussière dans votre garage, pourrait en intéresser plus d’un.

«Certains vélos n’ont parfois besoin que de petits réglages, ajoute Patrick Forthomme, l’initiateur de l’atelier. Pour d’autres, il faut changer toutes les pièces. Il est donc important de maîtriser la mécanique car si certains résidents possèdent les bases, d’autres ne savent pas gonfler un pneu (rires)! Cet atelier, c’est aussi de l’apprentissage, un moment de partage des savoirs.»

Tout est bon dans le vélo

Grâce aux 5 000 € reçus en juin dernier lors de la première édition de Générations Solidaires (lire ci-dessous), Patrick Forthomme, Michel Grawez, Christian Arnould, Dominique Horlait, Omar Bourgeois et Jacques Valet ont pu suivre plusieurs journées de formation en mécanique. «Nous avons également pu acheter du matériel car, pour certaines marques, nous avons besoin de pièces spécifiques. Ce chèque, c’est une bouffée d’oxygène. En général, nous utilisons un vélo pour en réparer deux. Toutes les pièces sont réutilisées. Dernièrement, une résidente nous a demandé si elle pouvait récupérer de vieilles chambres à air trouées pour les transformer en… collier!»

Chaque semaine, l’équipe de Parick Forthomme accueille les réfugiés dans leur hangar de la Croix-Rouge, à Belgrade. Au printemps et en été, ils sont plus d’une dizaine à ajuster leurs freins tous les mercredis et samedis. «Mais en hiver, ils sont plus frileux et donc ils sont moins nombreux.» Lors de notre passage, deux résidents s’étaient déplacés au hangar pour réparer leur vélo, dont Li: «Ma roue est voilée. Je viens ici car j’ai besoin d’aide et d’outils. L’équipe est très sympathique et, surtout très patiente.»

Un nouvel appel à projets solidaires

« Nous avons pour objectif de soutenir des initiatives solidaires portées par des citoyens, explique Katel Fréson, coordinatrice de l’ASBL. L’appel concerne toute personne qui veut développer un projet solidaire dans son quartier, dans sa commune, dans sa région.»
La première édition a connu un véritable engouement avec 122 projets pré-sélectionnés dont 10 projets nominés et médiatisés. Les trois lauréats – Les Z’Amis de Zoé (à Visé), le Collectif des citoyens solidaires (à Namur ; lire ci-dessus) et Share Food (à Bruxelles) ont bénéficié de prix financiers et sont accompagnés par la Fondation Roi Baudouin encore pendant un an.
« Pour participer, l’équipe de projet doit comporter au moins un jeune de moins de 26 ans, précise Katel Fréson. Le projet doit avoir des retombées concrètes, un caractère solidaire et innovant. Le projet doit aussi répondre à un besoin insatisfait, être durable dans le temps et réplicable (avoir valeur d’exemple et pouvoir être reproduit ailleurs) ».

Cet appel à projets se clôture le 15 mars. Chacun(e) aura alors l’occasion de voter en ligne pour son projet préféré.

Un jury indépendant mis en place par la Fondation Roi Baudouin déterminera les dix nominés qui, tous, bénéficieront de visibilité médiatique et de relais de leurs projets via notre journal mais aussi via d’autres médias et via les réseaux sociaux. Les trois lauréats bénéficieront de prix de 5 000 € et 10 000 € mais aussi d’un coaching personnalisé.

Les nouveautés cette année ? Le jury visitera sur le terrain les projets nominés avant de choisir les trois lauréats. Le jury sera aussi (encore) plus attentif aux projets naissants ou en croissance et à la coopération entre plusieurs associations.

Enfin, il s’agit pour notre journal – qui accompagne Générations solidaires – de mettre en lumière les projets des citoyens wallons et bruxellois qui contribuent à un monde plus solidaire, au niveau local. 

Les critères de sélection et les dossiers de candidature sont disponibles sur www.generations-solidaires.be