TOURNAI

PHOTOS | Attention, graffeurs en création!

Samedi, plusieurs artistes se sont réunis dans le parc face à l’école du Château. En espérant que leurs toiles ne disparaissent plus.

Depuis plusieurs mois, la Ville de Tournai, avec le soutien d’Ipalle, s’est lancée dans une lutte contre les tags sauvages. En nettoyant les graffitis posés à des endroits interdits et en poursuivant les auteurs illégaux, notamment. Mais cet aspect répressif n’est pas le seul mis sur pied par les autorités. En effet, elles ont également voulu avoir une vision plus positive sur cette forme d’art en offrant aux jeunes artistes des endroits pour s’exprimer. C’est ainsi que sept bâches ont été installées à différents endroits de la Ville (quartier Saint-Jean, place Crombez, près du hall des Sports…). Samedi après-midi, plusieurs créateurs se sont réunis dans le parc face à l’école du Château. Ils donnent leur avis sur la situation. «C’est une bonne chose, trouve Tanguy alias Nektar, graffeur depuis trois ans. Cela permet d’avoir une vision plus positive sur le graffiti. Régulièrement, quand nous sommes en création, des gens s’arrêtent. Des familles, des enfants, des personnes plus âgées. La plupart sont vraiment positifs sur notre travail. Je pense que le fait que ce soit réalisé dans des conditions légales font varier leur discours du côté plus positif».

Mais est-ce taguer sur une bâche prévue à cet effet provoque le même sentiment que créer directement dans la rue, sur des structures abandonnées? «Personnellement, je trouve que cela a la même saveur. C’est même mieux car on peut vraiment prendre le temps d’aller au bout de son idée. Quand on tague dans des endroits interdits, on peut être plus sur la défensive. On doit toujours être sur le qui-vive pour éviter de se faire prendre.

Après, je suis certains que tous mes collègues ne seront pas d’accord avec moi. Je pense que dans le graffiti, il y a autant d’avis que de styles », sourit notre interlocuteur.

Bientôt de nouveaux lieux de création

Le côté le plus positif pour Nektar, cela reste la visibilité offerte à leur art. «Les endroits désignés sont des lieux où il y a pas mal de passages. On m’a dit également que les bâches pourront être exposées plus tard. C’est valorisant ».

Dans le futur, de nouvelles bâches pourraient être installées. «Nous aimerions arriver à dix lieux dans la ville, certifie Romain Deman, éducateur de rue au SAIS, attaché à la maison de Quartier de Templeuve. On sent que cela plaît, qu’il y a de la demande des artistes et qu’il y a du respect de la part des passants. On craignait des dégradations mais au final, il n’y a rien eu!Cela nous pousse à aller plus loin dans la démarche. Logiquement, nous devrions remettre sur pied un événement autour du graffiti au printemps prochain. Nous aimerions y intégrer d’autres arts de la rue: danse, rap…»

Le seul fait à déplorer reste le vol des trois bâches tagués. «C’est dommage mais je préfère prendre cela de façon positive. Cela veut dire que le travail de nos jeunes a plu à plusieurs personnes. Cela leur a tellement plu qui les ont emportées de manière propre. Peut-être les ont-ils installées dans leur salon ou sur la terrasse de leur jardin?»