BARRY

PHOTOS-VIDEO | «La petite école où on devient grand» cherche un nouvel élève

L’école maternelle Saint-Albin de Barry risque une fermeture l’année prochaine si elle n’attire pas un nouvel élève.

«Nous ne voulons pas que le bruit qui court soit: attention, l’école va fermer. Nous voulons plutôt qu’il soit: allez, on se mobilise pour trouver un élève.» Voilà le sentiment qui règne à l’école maternelle Saint-Albin à Barry: il faut un nouvel enfant pour que l’établissement du réseau libre envisage sa prochaine rentrée scolaire en toute sérénité. «Pour l’instant, nous avons 11 élèves inscrits, précise l’institutrice et directrice Marie Ghislain. La ministre permet que l’on continue un an avec 12 enfants. Pour l’année d’après, je n’aurais plus de gros départs de 3e maternelle vers les primaires.»

En effet, le problème est là. Depuis trois ans, l’école doit faire face à davantage de sorties que de rentrées. «C’est vraiment une année charnière. J’ai déjà des inscriptions pour des bébés de 6 mois, remarque l’institutrice qui exerce sur place depuis 10 ans. Il y a aussi la dénatalité qui a joué et le fait qu’il y ait beaucoup d’établissements scolaires à trois kilomètres. Les familles des enfants préfèrent parfois les écoles où s’organisent les maternelles et primaires pour assurer une meilleure continuité. Cependant, l’école communale se trouve juste de l’autre côté de la rue et nous collaborons beaucoup. Depuis que je suis là, j’ai aussi pu me rendre compte que les petites écoles de village ont mauvaise presse. Les parents pensent qu’elles préparent moins bien qu’ailleurs, alors qu’il s’agit du contraire!»

«Ici, on apprend l’autonomie»

L’ancien couvent Saint Albin de Barry, qui accueille des enfants de 2 ans 1/2 à 6 ans, tire profit de son faible nombre d’élèves. En ce moment, 15 petits bambins foulent le terrain de leur grande école. Les élèves passent la moitié de leur horaire ensemble, petits et grands.

«L’interâge fait grandir, assure la responsable. Ils sont mélangés, mais on ne demande pas la même chose à chacun. C’est comme à la maison, le cadet met les gobelets à table, l’aîné arrange les couverts. Ici, les petits sont tirés par les grands et ceux-ci se sentent valorisés par l’aide qu’ils procurent aux plus jeunes. De plus, lorsque les 3eréexpliquent aux plus petits, ils structurent et retiennent leur apprentissage.»

La mobilisation est en marche

Jeudi soir, les institutrices et le pouvoir organisateur ont tenu à informer les parents d’élèves de la situation. L’école s’y prend tôt afin d’assurer la continuité de son enseignement de la vie. «Notre garçon de quatre ans est en 2e maternelle et, tout comme ses camarades, il ne tient pas à devoir changer d’école l’an prochain, raconte Vincent Hulin dans un email destiné à votre journal où il fait part de ses craintes. L’école Saint-Albin, ce sont des institutrices qui donnent de leur temps, dévouées à leur “profession”, créatrices et innovantes. L’école Saint-Albin, ce sont des enfants qui s’épanouissent pleinement, qui profitent d’un enseignement de qualité. L’école Saint-Albin, c’est une année scolaire au rythme des fêtes, de la visite à la ferme, de sa collation collective du mercredi – à tour de rôle, les parents apportent des goûters sains pour toute la classe. L’école Saint-Albin, c’est son potager, sa cour de récréation, son jardin arboré, son toboggan, son chêne centenaire qui veille sur ses pierres d’autrefois… L’école Saint-Albin, c’est son tissu social, le centre du village, juste à côté de l’Église; c’est une histoire, ancestrale…»