BioTtail (Floreffe): Ils courent aussi pour ramasser les crasses

BioTtail (Floreffe): Ils courent aussi pour ramasser  les crasses

Au départ, ils n’étaient que quelques- uns. Aujourd’hui, BioTrail c’est 80 coureurs et coureuses qui progressent sans se prendre la tête. -

Mare des papiers, des canettes et des crasses que l’on trouve dans les bois, talus et au détour d’un chemin de campagne? Samuel Defleur en avait assez d’être spectateur passif. Il a décidé de passer à l’action en créant BioTrail, un groupe traileurs qui courent en ramassant les saletés au départ de Floreffe. Puis, qui prennent plaisir à se retrouver et savourer les produits locaux. Pour un corps sain, dans un environnement sain!

En Suède, on appelle cela le «plogging», contraction des verbes ramasser et courir. Une discipline qui fait de plus en plus d’adeptes enthousiastes. Le principe? Courir tout en ramassant les ordures. Bien plus éprouvant, physiquement, que de faire un simple jogging (s’arrêter, se baisser, porter un sac…)

En Belgique, du côté de Floreffe, est né l’an dernier BioTrail. Un groupe de traileurs qui n’arrête pas de grandir (actuellement, il compte plus de 80 membres). Ils et elles prennent plaisir à courir et à progresser ensemble. Et développent pas mal de projets en matière de sensibilisation à la protection de l’environnement.

Une autre dimension

«Je suis coureur. Et comme beaucoup d’autres, j’étais dépité lors de mes sorties en découvrant les déchets et dépotoirs de tous types jonchant les sentiers. Des bouteilles, canettes en passant par les sacs plastiques, boîtes de conserve, vidange de cendriers jusqu’à des objets plus incongrus comme des meubles ou des machines à laver… Tout y passe, l’incivilité n’a souvent aucune limite», confie Samuel Defleur, amateur de trail à l’origine de l’initiative.

«Cette idée me tenait à cœur depuis pas mal de temps mais faute de disponibilité j’ai souvent repoussé le passage à l’action. En voyant un concept similaire en France du côté de Nantes – le projet Run Eco Team – je me suis dit qu’il était aussi possible de faire quelque chose à Namur. Un matin, je me suis levé et j’ai créé une page Facebook, BioTrail. J’ai publié quelques vidéos quand je ramassais les déchets lors de mes sorties hebdomadaires ou avec ma femme et mes enfants. Très vite, cette page a été appréciée par les coureurs», explique Samuel.

L’histoire aurait pu s’arrêter là. Mais bien vite, ce coup de sang de Sam a pris une autre dimension.

«Quand j’ai lancé le projet, jamais je n’aurais imaginé que cela allait prendre une telle ampleur. Car j’ai rencontré pas mal de coureurs qui en avaient assez des clubs et des groupes d’entraînement qui visaient la compétition. Ils cherchaient autre chose. Le plaisir d’être ensemble.»

D’où l’idée de fixer des rendez-vous (le mardi et le jeudi) pour courir ensemble. Tout en ramassant les déchets lors de nos sorties.

Autour de Samuel Defleur, Julien Libert, Hugues Marmignon et Sylvain Fauquenoy viennent encadrer le groupe qui ne cesse de grandir pour devenir un groupe d’amis et d’amies qui se retrouvent pour courir, progresser, prendre du plaisir. Le tout pour la bonne cause. Un coach professionnel, Vincent Charlet, supervise aussi les programmes d’entraînement.

«Sur le plan sportif, nous organisons des sorties ou des déplacements pour des trails en montagne. Nous serons d’ailleurs une quarantaine dans les Voges au début avril, sur des formats de course allant de 11 à 117 km.»

Sur le plan associatif, le gros rendez-vous sera l’apéro BioTrail, deuxième du nom, qui se tiendra le 16 juin, à l’abbaye de Floreffe (lire ci-contre).

Autres idées en chantier? Récolter des chaussures et des tenues de course pour en faire bénéficier les plus fragilisées, en Belgique ou ailleurs. Ou créer un label «BioTrail» qui assure que la course à laquelle vous participez respecte à 100% la nature et met en avant les artisans et les produits locaux.

Toutes les infos sur www.biotrail.be