BELGIQUE

Les titres-services favorisent-ils les travailleurs étrangers?

Les titres-services favorisent-ils les travailleurs étrangers?

Archive - Illustration EdA

Le sujet est soulevé dans une tribune publiée lundi dans De Standaard par l’ancien ministre Frank Vandenbroucke (sp.a), père spirituel du système des titres-services au début des années 2000. À ses yeux, le système a peu à peu dévié de sa cible.

La demande vient du CD&V et de l’Open Vld, et est rejetée par le ministre flamand de l’Emploi Philippe Muyters (N-VA), qui crie à la discrimination: les sociétés de titres-services en Flandre auraient-elles trop souvent recours à la main-d’oeuvre étrangère et devraient-elles proposer davantage de personnel flamand?

À l’heure actuelle, 42% des aides ménagères payées en titres-services par les ménages flamands sont étrangères.

«L’équilibre se perd quand les coûts budgétaires (du système) augmentent fortement et que l’on va chercher des personnes à l’étranger pour faire le travail», écrit Frank Vandenbroucke. Il plaide pour une extinction progressive de la réduction fiscale afin d’investir les moyens ainsi libérés dans une «forte augmentation de l’embauche de personnes qui sont déjà restées un certain temps dans le chômage ou l’assistance sociale en Belgique» .

Au gouvernement flamand, N-VA, CD&V et Open Vld ne veulent pas toucher à la réduction fiscale, mais le CD&V et l’Open Vld demandent d’accorder plus d’attention aux travailleurs flamands.

Le ministre flamand de l’Emploi Philippe Muyters (N-VA) assure qu’il ne peut rien faire via des primes ou des augmentations, pour activer des demandeurs d’emploi ou des malades de longue durée flamands, comme le préconise l’Open Vld. Son porte-parole, qui rappelle les règles européennes de libre circulation des personnes, qualifie même d’absurde la proposition de Frank Vandenbroucke. «Si un jour la N-VA proposait une telle chose, tout le monde dirait que nous sommes racistes.»