COUR D’ASSISES D’ARLON

Prison à vie pour Pierson: en pratique?

Prison à vie pour Pierson: en pratique?

Jérémy Pierson dépend de l’appareil judiciaire au moins jusqu’en 2045 environ. ÉdA/Claudy Petit

Jeudi, la cour d’assises du Luxembourg a condamné Jérémy Pierson à la peine maximale, soit la réclusion à perpétuité assortie d’une mise à disposition du tribunal d’application des peines (TAP) pendant 15 ans.

L’Arlonais de 30 ans, considéré comme psychopathe dangereux par les experts, a été reconnu coupable de plusieurs agressions sexuelles dont l’enlèvement et l’assassinat de la jeune Béatrice Berlaimont à Arlon en 2014.

Que signifie pratiquement la décision des jurés luxembourgeois? Dans la foulée du prononcé jeudi, nous avons écrit que Pierson ne pourrait sortir de prison avant 2045 au moins, sachant que les 15 années complémentaires viendraient s’additionner aux 15 ans minimum qu’il devra déjà prester dans le cadre de sa condamnation.

Mais la réalité est un peu plus complexe. Dès qu’il pourra le solliciter, dès 2030, 2031, 2032, Pierson pourra en principe présenter un projet de libération conditionnelle devant le tribunal d’application des peines.

Deux cas de figure se présenteront alors: soit des signes de dangerosité pour la société apparaîtront encore et alors la privation de liberté se poursuivra. Elle devra être réétudiée régulièrement pendant 15 ans.

Soit Pierson pourra être remis en liberté dès 2030 ou juste après, mais moyennant une libération sous surveillance (bracelet électronique, conditions à respecter, etc.). Et ces dispositions resteront valables pendant un délai de 15 ans, jusqu’en 2045 environ.

Le moindre non-respect d’une seule condition renvoie immédiatement l’intéressé en milieu carcéral.