BRUXELLES

Un réseau de soutien aux sans-papiers remet le prix «Brise-cœur» à Schaerbeek

Un réseau de soutien aux sans-papiers remet le prix «Brise-cœur» à Schaerbeek

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A l’initiative du réseau «Amoureux, vos papiers», un prix intitulé «Brise-cœur» a été remis mercredi matin à l’échevin de l’État civil Bernard Guillame pour dénoncer la traque subie par les couples composés d’un partenaire sans-papiers.

Pour cette action surprise organisée à l’occasion de la Saint-Valentin, une vingtaine de personnes se sont rendues à la maison communale, parmi lesquelles deux couples habillés en mariés. Des tracts ont été distribués. Les participants ont remis le prix à l’échevin – une affiche cartonnée portant le dessin de l’hôtel communal avec les escaliers extérieurs qui se rejoignent pour unir deux mains – et lui ont exposé leurs arguments.

«La loi prévoit d’interdire les mariages quand ils ont pour unique but l’obtention d’un droit de séjour», souligne Selma Benkhelifa, avocate chez Progress Lawyers Network. «Une circulaire ajoute que le simple fait que l’un des deux ne dispose pas de papiers ne suffit pas. Or, on constate que beaucoup de communes, dont Schaerbeek, mettent le cachet suspicion de mariage blanc dès que quelqu’un n’a pas de papiers ou est en séjour précaire et lancent la procédure d’enquête dans 100% des cas. Elle ne devrait être lancée que quand la commune est alertée par une suspicion. C’est discriminatoire et il y a d’autres critères, comme le fait que les deux futurs conjoints n’ont pas de langue commune. Schaerbeek a été mise en exergue par le journal d’extrême droite Le Peuple «pour ses résultats dans la chasse aux mariages blancs».

Dénoncer des enquêtes intrusives

Dominique, membre du réseau «Amoureux, vos papiers», remarque que les enquêtes sont très intrusives avec de nombreux exemples à l’appui. Elle cite notamment le cas d’un plaid sur le canapé qui a permis d’avancer que les partenaires ne dormaient pas ensemble. Elle dénonce également des cas d’arrestation au domicile avant la fin de la procédure.

Selma Benkhelifa ajoute que dans les mariages gris, «on estime que la personne belge se fait manipuler par l’autre. Le policier et le procureur du Roi estiment qu’elle est trop naïve et ne croient pas dans les sentiments de cette autre personne. C’est une intrusion de l’État dans des affaires privées. Je pense qu’il faut laisser les gens se marier et si la personne elle-même veut se plaindre et faire annuler ce mariage, la loi le lui permet».