ARLON

Affaire Pierson : «Un procès humainement épouvantable»

Affaire Pierson : «Un procès humainement épouvantable»

EdA

Lors de son réquisitoire à la cour d’assises d’Arlon, l’avocate générale Sarah Pollet a rendu hommage aux jurés: «Ce procès est humainement épouvantable.»

Les parties civiles ont plaidé tour à tour ce lundi pour décrire l'éprouvant calvaire des victimes de Pierson. L'après-midi, l’avocate générale Sarah Pollet a eu des mots d’hommage à l’égard des jurés: «Comment ne pas être pris par l’émotion? Par la compassion? Nous sommes ici au cœur de l’horreur. Nous sommes au-delà du seuil de l’humainement acceptable.»

Hommage et respect, à ces douze hommes et femmes effectifs, ainsi que ces quatre jurés suppléants qui, trois semaines durant, sont confrontés intellectuellement et moralement à ce que Sarah Pollet qualifie de «procès humainement épouvantable».

Demain mercredi, ces jurés entreront en délibération. Une délibération qui sera longue et éprouvante. Il leur faudra répondre à 44 questions. «Cela illustre l’impitoyable parcours criminel de Pierson. Il a une délinquance hors normes, polymorphe. Tout le Code pénal y passe: meurtre, viols, agressions, entrave à la circulation, vols, trafic de stupéfiants», dit l’avocate générale.

Pourquoi l’attache-t-il différemment?

Pour Sarah Pollet, la volonté de tuer la pauvre Béatrice Berlaimont, avec préméditation, est clairement établie: «On peut déduire cette intention des moyens utilisés ou de la partie du corps visée. Celui qui utilise des moyens qui peuvent donner la mort en est responsable.

Ici, il a fait un nœud complexe à Béatrice. Ce n’est pas une corde attachée au torse, à la jambe ou autre, mais à la tête. Rien ne justifiait de devoir l’attacher différemment de la veille, à l’intérieur de ce mirador. Il n’a d’ailleurs jamais serré aussi fort et attaché Béatrice de cette manière auparavant. Il dit qu’il n’avait plus assez de cordes, mais on a retrouvé 7,42 m dans le sac à dos de Béatrice!

Alors pourquoi Jérémy Pierson a-t-il agi comme ça? Rien n’expliquerait cette manière de faire. Rien d’autre que la volonté arrêtée de tuer. Soit de manière claire et précise dans son esprit, soit au minimum en sachant que cette conséquence pourrait arriver et en l’ayant acceptée.»

La défense entamera sa plaidoirie ce mardi dès 9h.